Qui sont les grands peintres français ?

Qui sont les grands peintres français ?

Les grandes écoles de la peinture ont vu naître et se développer des talents qui se sont illustrés dans l’histoire de l’art,dans le monde et en France. Quels sont les peintres francais qui ont marqué les beaux-arts, toutes écoles confondues ?

Claude Monet et la capture de la lumière et des couleurs

Le mouvement pictural de l’impressionnisme voit le jour en France vers 1860. Par opposition à l’art académique, les impressionnistes se tournent vers les notes vives, le pinceau au mouvement rapide, le plein-air, la lumière et ses impacts sur la couleur, les formes et les silhouettes. Le nom « impressionnisme » est utilisé pour la première fois par le journaliste Louis Leroy, qui commentait un tableau intitulé «  Impression, soleil levant», peint par Monet. Ce dernier est d’ailleurs devenu une des grandes figures de proue de ce mouvement artistique.

Claude Monet,(1840-1926). Monet s’intéresse beaucoup aux effets de la lumière à divers moments de la journée et à diverses saisons de l’année. Il se passionne pour la représentation de paysage, en scénarisant toujours le mouvement, la clarté et l’ombre. Monet est aussi célèbre pour ses oeuvres de peintures en série : « Les Nymphéas » qui forment une série d’environ 250 peintures à l’huile ; « Les Meules de Foin »: une série de vingt-cinq tableaux ; ou bien « La Cathédrale de Rouen » : trente tableaux. A travers le travail en série, Monet peut mettre en exergue les variations de la lumière sur un même paysage. Pour la petite histoire, les tableaux de Nymphéas ont été offerts par Monet à la France au lendemain de l’armistice du 11 novembre 1918, en guise de symbole de paix. Ils sont exposés au musee de l’Orangerie, à Paris


« Les Nymphéas, le matin », au musée de l’Orangerie.

Auguste Renoir: poésie et impressionnisme en peinture

Auguste Renoir,(1841-1919). Grand peintre de l’école impressionniste, Renoir se démarque par ses couleurs juxtaposées qui produisent des effets visuels et poétiques. Il aime à ne pas lisser ses touches, et joue avec un dosage savant de couleurs et de lumières. On lui doit de merveilleux portraits, des nus de femmes, des paysages, des scènes marins etc., loin des règles académiques pour plus de scènes réalistes. Renoir déploiera son génie dans la réalisation d’œuvre ambitieuse, telle le « Bal du Moulin de la Galette » ou bien « Le Déjeuner des Canotiers », compositions qui s’étendent sur plus d’1,70m de largeur.


«  Le Déjeuner des Canotiers » a été peint entre 1880 et 1881 par Auguste Renoir.

Paul Cézanne: la géométrie et la plénitude

Paul Cézanne,(1839-1906). Pendant une époque, Cézanne s’est impliqué dans l’art pictural impressionniste. Dans l’évolution de sa démarche artistique, il est aussi considéré comme le peintre précurseur cubisme. Cézanne se démarque par l’intégration de la géométrie dans son travail. Les natures mortes sont un thème récurrent dans les tableaux de Cézanne: il représente généralement des objets d’artisanat et des produits du terroir. A travers ces natures mortes, on peut apercevoir les rapports que le peintre crée entre les figures, les fonds, les lignes, les espaces, les volumes et les couleurs. Cézanne parle volontiers de puissance de la couleur, de forme et de plénitude. Il exécute aussi des portraits d’hommes et de femmes, dont ceux d’Hortense Fiquet qu’il peindra une quarantaine de fois, mais également des paysages.


« Nature morte aux pommes et aux oranges », tableau de Cézanne aujourd’hui exposé au musée d’Orsay à Paris.

Théodore Géricault, peintre fougueux du romantisme

Le concept du romantisme naît vers la fin du 18e en Angleterre et en Allemagne et s’épanouit en Europe jusqu’au 19e siècle. C’est un courant culturel qui valorise l’intention d’un artiste d’explorer et d’exposer les sentiments et les états d’âme à travers son travail. Cette façon de voir ne tardera pas à séduire le travail créatif en général: la musique, la sculpture, la danse, la littérature.

Théodore Géricault,(1791-1824). C’est une personnalité que l’on qualifie souvent de fougueuse mais aussi de précurseur du romantisme et du réalisme dans les beaux-arts. Géricault se démarque par ses peintures animalières, où le thème du cheval revient souvent, lui-même étant un grand passionné de chevaux. On lui doit aussi des portraits d’enfants. Ses œuvres sont connues pour l’intimité des tons: peu de lumière, honnêteté et réalisme des lignes et des formes, des caractères très marqués, la transportation des faits historiques sur la toile. Cette dernière ambition sera d’ailleurs à l’origine de l’œuvre majeure de Géricault, « Le Radeau de la Méduse » (1818-1819). C’est une allégorie sur peinture de l’abandon par Louis XVI et par son gouvernement d’une frégate échouée sur les cotes sénégalaises.


« Le Radeau de la Méduse » de Géricault, aujourd’hui exposé au musée du Louvre.

Théodore Chassériau: orientalisme et sensualité

Théodore Chassériau,(1819-1856). Dans le courant romantique, Chassériau se distingue par sa tendance vers l’orientalisme, mouvement culturel du 19e siècle qui s’intéresse au Moyen-Orient. Cette attirance vers l’orientalisme se traduit par ses peintures représentant des cavaliers arabes comme dans sa toile « Bataille de cavaliers arabes autour d’un étendard » (1854) ou bien des femmes orientales sensuelles, comme dans le tableau baptisé « Nu dans un harem », réalisé entre 1850 et 1852. Son œuvre majeure est sûrement les fresques de la Cour des comptes, à Paris, exécutée entre 1844 et 1848, et disparue après l’incendie du Palais d’Orsay en 1871. Les quelques fresques qui ont échappé aux flammes sont aujourd’hui exposées au musée du Louvre. On voit à travers les tableaux de Chassériau son contrôle précis des couleurs, de la lumière et du mouvement, résultante de l’influence de ses deux maîtres qu’étaient Ingres et Delacroix.

Le tableau « Bataille de cavaliers arabes autour d’un étendard » de Théodore Chassériau, inspiré d’une scène en Algérie.

Eugène Delacroix et la mythique « Liberté guidant le peuple »

Eugène Delacroix,(1878-1883). Delacroix est d’abord connu pour sa précieuse contribution artistique dans les décors et les peintures murales des édifices religieux ou étatiques. Mais Delacroix révèle son talent en 1822 avec sa peinture « Dante et Virgile aux Enfers » qui suscitera autant d’admiration que de critiques. Delacroix bénéficiera de l’influence de Géricault et de Michel-Ange. Au premier, il empruntera les contrastes de lumière et d’obscurité, le rapport subtil des reliefs, le jeu de couleurs au fort caractère. Au second, il imitera les lignes saillantes du corps et de la musculature. Delacroix démontre aussi de son intérêt pour la Grèce en rejoignant le mouvement philhellène. Il peint par exemple « Les Scènes des Massacres de Scio » en 1824 et « La Grèce sur les ruines de Missolonghi » en 1826, aujourd’hui conservé au musée de Bordeaux. Mais le tableau le plus représentatif du travail d’Eugène Delacroix reste sans doute « La Liberté guidant le peuple » (1830). La scène est l’allégorie de la liberté, incarnée par une femme à la poitrine nue, un bonnet phrygien sur la tête et un drapeau tricolore à la main.


Légende : « La Liberté guidant le peuple », tableau mythique du peintre romantique Eugène Delacroix.