Emmanuel Layan : l’oeil et le marteau

Expertise, écriture, télévision, web, enseignement…. Emmanuel Layan est un homme d’ouverture. Comment pourrait-il être exclusif, lui dont le métier de commissaire-priseur consiste à connaître l’ensemble des styles et des périodes ?

Juriste et historien de l’art, diplômé de l’École du Louvre, « un commissaire-priseur est un généraliste qui doit distinguer le banal de l’exceptionnel ».

Portrait d’un commissaire-priseur atypique qui apporte un regard décalé sur le monde du marché de l’art.

Cours, livres et télévision : une érudition à portée de tous

Ce bordelais d’origine et de coeur assure désormais depuis quelques mois, en partenariat avec le Musée des Arts Décoratifs et du Design de Bordeaux, l’enseignement de modules au sein d’un cycle de formation consacré aux arts décoratifs à l’Art du regard. Une nouvelle corde à son arc didactique pour répondre à son envie de partager ses connaissances. Ces cours sont destinés aux amateurs, connaisseurs ou collectionneurs, où le commissaire-priseur dispense de vraies leçons pratiques et très concrètes.

Cet enseignement est complémentaire au contenu que l’on trouve dans ses livres. Et oui, car Emmanuel Layan, dans sa quête de transmission, est l’auteur de deux guides « savoir chiner » . Il poursuit ainsi cet objectif de « dépoussiérer la brocante » et d’initier le public au monde du marché de l’art. « En effet, si la télévision est un outil de communication dont la puissance et la force sont indéniables dans l’immédiateté, les choses sont bien différentes dans la durée. » Emmanuel Layan s’exprime en connaissance de cause, lui que le public a découvert par sa participation à l’émission hebdomadaire à succès « Un trésor dans votre maison », produite par Mediafisher/Gtnco et diffusée sur M6. Accompagné par l’animateur Jérôme Anthony, il joue son rôle de commissaire-priseur sous le feu des projecteurs, et se rend chez des particuliers dans toute la France pour estimer les objets et le mobilier qui composent leur intérieur.

« Il faut comprendre que le marché de l’art n’est pas fait que de records »

Assidu sur les réseaux sociaux, Emmanuel Layan est à la fois présent sur instagram, twitter et facebook. Il y rédige des posts adaptés à l’un ou l’autre des réseaux sociaux. Le contenu varie selon les évènements du marché de l’art ou l’actualité professionnelle du commissaire-priseur. Ainsi @ManuLayan propose aux abonnés des informations sélectionnés avec attention : des résultats de ventes, « mais pas forcément des records » nous précise-t-il, « plutôt des informations que tout le monde ne relaye pas », des annonces de ventes, mais donne aussi RDV pour les dédicaces de ses ouvrages, très attendus par ses followers.

Le web est aussi pour Emmanuel Layan un support pour son site internet toutestimer.com qui a vu le jour il y a 3 ans. Le principe de demande d’estimation d’objets et mobilier en ligne fonctionne bien, « il y a de nombreuses demandes » précise Emmanuel Layan.

Sa spécificité ? Aborder la question du marché de l’art de manière transversale

Est ce que le digital aide à dépoussiérer les salles des ventes ?

« Si on l’utilise comme un canal uniquement pour répéter une information, non » répond le commissaire-priseur. « Il faut utiliser cette nouvelle forme de communication pour apporter un message différent, un véritable changement de fond. Il faut comprendre que le marché de l’art n’est pas fait que de records ».

Par là Emmanuel Layan entend qu’il faut s’adresser aux abonnés différemment, comme il le fait lui-même avec son ton décalé. Sans se définir comme un modèle, le commissaire-priseur est conscient d’être quelque peu marginal dans la profession. Emmanuel Layan se voit bien entendu comme un commissaire-priseur aujourd’hui, mais aime se définir aussi comme « un professionnel du marché de l’art ». Il n’a pas encore sa propre structure de vente pour le moment « mais on y travaille » nous précise-t-il. Il aborde la question du marché de l’art de manière transversale, c’est à dire qu’il veut avant tout partager la connaissance.

©Chamalet/mediafisher/GTNCO