Vente aux enchères aura la hauteur du plafond de Maurice Denis, « D’avril » ?

Denis doit son orientation symboliste à sa rencontre avec le musicien Ernest Chausson

C’est à la fin du XIXème siècle, en 1892, que le peintre Maurice Denis fait la connaissance du musicien Ernest Chausson par l’intermédiaire d’Henry Lerolle son beau-frère. Cette bourgeoisie parisienne aisée et cultivée favorisait alors les arts : musique, littérature et peinture. 

Grâce aux commandes des Lerolle, Fontaine et Chausson, Maurice Denis suivit l’orientation des Nabis qui insistaient sur l’aspect décoratif du tableau et souhaitaient peindre des panneaux muraux, dessus de portes et plafonds. 

Parmi les musiciens que fréquente Maurice Denis, son amitié avec Ernest Chausson est sans doute la plus forte. 

Cette commande permet à l’artiste de conjuguer une destination ornementale avec une dimension spirituelle. 

Une trilogie de plafonds commandée à l’artiste nabi

Ernest Chausson commanda successivement trois plafonds à Maurice Denis pour son hôtel particulier du 22 boulevard de Courcelles à Paris : 

– Avril, circa 1894 

-Le temps des lilas ou le printemps, 1896

La famille Chausson, 1899 

Ces trois commandes célèbrent la famille, l’amour, la nature, le printemps, avec des jeunes filles qui flottent dans le ciel, des lilas, des colombes… Les peintures de Maurice Denis sont riches de blanc, le blanc des couronnes de fleurs et des colombes, le blanc symbole de virginité qui habille ces jeunes filles.

Les silhouettes blanches d’Avril apparaîtront comme un leitmotiv dans l’œuvre de l’artiste 

Avril, le premier plafond commandé par Chausson, prend place au milieu de la galerie, desservant les pièces du rez-de- chaussée. L’œuvre avait été préalablement exposée au Salon des Indépendants, avril-mai 1894 (N°208). 

Maurice Denis adopte un format circulaire qui rappelle les  tondi de la Renaissance italienne. Il dispose huit jeunes filles en lévitation sur un ciel d’émail parcouru de nuages roses, au-dessus de la cime des arbres en fleurs, japonisants, proche des amandiers peints par Van Gogh. Ces silhouettes blanches apparaîtront alors comme un leitmotiv dans l’œuvre de l’artiste, des femmes volantes portant des corbeilles de fleurs figuraient déjà dans le catalogue de l’exposition des œuvres de Maurice Denis chez Le Barc de Boutteville en octobre-novembre 1893. 

Avril est une acquisition importante qui consacre la communion du peintre et du musicien, tous deux inspirés par le thème du printemps, qui incarne selon eux l’amour, le bonheur et le mystère religieux. 

Cette œuvre fut exposée au Salon des Indépendants de 1894 (avril-mai, N° 208)

Maurice DENIS (1870-1943), “Avril” circa 1894, huile sur toile, signée du monogramme en bas à droite, premier plafond pour l’hôtel particulier du compositeur Ernest Chausson, D. 182 cm. 
Provenance : Famille Ernest Chausson. 
Tableaux & Arts Décoratifs par l’étude RUELLAN : Samedi 8 avril 2017 à 14h30 – VANNES