Vente aux enchères aura la hauteur du plafond de Maurice Denis, « D’avril » ?

Mise à jour 19 novembre 2020 par Redak

Denis doit son orientation symboliste à sa rencontre avec le musicien Ernest Chausson

C’est à la fin du XIXème siècle, en 1892, que le peintre Maurice Denis fait la connaissance du musicien Ernest Chausson par l’intermédiaire d’Henry Lerolle son beau-frère. Cette bourgeoisie parisienne aisée et cultivée favorisait alors les arts : musique, littérature et peinture. 

Grâce aux commandes des Lerolle, Fontaine et Chausson, Maurice Denis suivit l’orientation des Nabis qui insistaient sur l’aspect décoratif du tableau et souhaitaient peindre des panneaux muraux, dessus de portes et plafonds. 

Parmi les musiciens que fréquente Maurice Denis, son amitié avec Ernest Chausson est sans doute la plus forte. 

Cette commande permet à l’artiste de conjuguer une destination ornementale avec une dimension spirituelle. 

Une trilogie de plafonds commandée à l’artiste nabi

Ernest Chausson commanda successivement trois plafonds à Maurice Denis pour son hôtel particulier du 22 boulevard de Courcelles à Paris : 

– Avril, circa 1894 

-Le temps des lilas ou le printemps, 1896

La famille Chausson, 1899 

Ces trois commandes célèbrent la famille, l’amour, la nature, le printemps, avec des jeunes filles qui flottent dans le ciel, des lilas, des colombes… Les peintures de Maurice Denis sont riches de blanc, le blanc des couronnes de fleurs et des colombes, le blanc symbole de virginité qui habille ces jeunes filles.

 

Les silhouettes blanches d’Avril apparaîtront comme un leitmotiv dans l’œuvre de l’artiste 

Avril, le premier plafond commandé par Chausson, prend place au milieu de la galerie, desservant les pièces du rez-de- chaussée. L’œuvre avait été préalablement exposée au Salon des Indépendants, avril-mai 1894 (N°208). 

Maurice Denis adopte un format circulaire qui rappelle les  tondi de la Renaissance italienne. Il dispose huit jeunes filles en lévitation sur un ciel d’émail parcouru de nuages roses, au-dessus de la cime des arbres en fleurs, japonisants, proche des amandiers peints par Van Gogh. Ces silhouettes blanches apparaîtront alors comme un leitmotiv dans l’œuvre de l’artiste, des femmes volantes portant des corbeilles de fleurs figuraient déjà dans le catalogue de l’exposition des œuvres de Maurice Denis chez Le Barc de Boutteville en octobre-novembre 1893. 

Avril est une acquisition importante qui consacre la communion du peintre et du musicien, tous deux inspirés par le thème du printemps, qui incarne selon eux l’amour, le bonheur et le mystère religieux. 

Cette œuvre fut exposée au Salon des Indépendants de 1894 (avril-mai, N° 208)

Maurice DENIS (1870-1943), “Avril” circa 1894, huile sur toile, signée du monogramme en bas à droite, premier plafond pour l’hôtel particulier du compositeur Ernest Chausson, D. 182 cm. 
Provenance : Famille Ernest Chausson. 
Tableaux & Arts Décoratifs par l’étude RUELLAN : Samedi 8 avril 2017 à 14h30 – VANNES 

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Pauline Boddaert

Pauline Boddaert, originaire de Lille, a une carrière impressionnante dans le domaine de l'art et de la communication. Elle a débuté en tant que collaboratrice au cabinet d'expertise Plaisance, spécialisé dans les arts décoratifs du 20ème siècle pour l'étude Aguttes, où elle a travaillé pendant deux ans. Par la suite, elle a rejoint Ze Design Agency en tant que chef de projet pendant un an, avant de travailler comme assistante de galerie à la Galerie Michel Giraud pendant une année. En 2014, Pauline a fondé We Art Galerie à Lille, où elle a exercé en tant que CEO pendant près de cinq ans. Elle y a géré l'approvisionnement du stock, la force de vente, ainsi que les activités de marketing et de communication. Parallèlement, elle a été rédactrice en chef chez AuctionLab pendant deux ans et cinq mois, où elle s'est occupée de la rédaction d'articles sur le marché de l'art, du référencement, du community management, et du management en général. Pauline a également travaillé en tant que rédactrice en chef chez Bidtween pendant un an, où elle a mené des interviews de personnalités du marché de l'art et de la culture, animé des plateaux TV et géré les relations presse. Elle a ensuite rejoint MAY ASSOCIES, où elle a occupé le poste de directeur des communications marketing pendant trois ans et deux mois, et celui de clerc de commissaire-priseur pendant trois ans et un mois à Roubaix. Actuellement, Pauline est basée à Paris et travaille pour ARTCENTO en tant que directrice des opérations et attachée de presse depuis deux ans et trois mois. Elle est également journaliste spécialisée dans le marché de l'art pour Antiquités Brocante et Beaux Arts Magazine depuis cinq ans et trois mois. Avec une carrière aussi riche et diversifiée, Pauline Boddaert est sans aucun doute une figure emblématique dans le monde de l'art et de la communication en France.

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