Mise à jour 16 janvier 2026 par Redak
Née aux États-Unis, Joséphine Baker a choisi la France comme nouvelle patrie. Artiste engagée entrée au Panthéon en 2021, elle a mené de nombreux combats tout au long de sa vie. Sa relation avec Colette a donné naissance à une correspondance intime.
Dès leur première rencontre à Paris, Joséphine Baker et Colette partagent une amitié profonde. Lorsque l’Américaine danse sur la scène du théâtre des Folies Bergère, Colette ne cache pas son admiration. Cette femme de lettres très célèbre a marqué les esprits à son époque par son talent et son audace. Leur intimité ne fait alors aucun doute.
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Joséphine Baker : une artiste de music-hall et résistante engagée pour la France
Née à Saint-Louis dans le Missouri en 1906, la jeune Freda Josephine McDonald ne se destinait pas à recevoir les honneurs du Panthéon français. Pourtant, le 30 novembre 2021, Joséphine Baker est devenue la première femme noire à y entrer. Danseuse et meneuse de revue, elle a milité toute sa vie pour défendre de grandes causes.
Une danseuse, meneuse de revue et résistante en France
Joséphine Baker a grandi dans le Midwest des États-Unis. À 13 ans, elle est déjà mariée et travaille pour soutenir financièrement sa mère. Dès les premières années de sa vie, elle possède un talent prononcé pour la danse. À 14 ans, elle devient danseuse à Philadelphie, mais elle quitte rapidement la ville pour tenter sa chance à New-York. À Broadway, son talent est remarqué et elle reçoit une opportunité en or : devenir meneuse de revue d’un spectacle inédit, à Paris.
En 1925, l’Américaine s’installe en France. Sur scène, elle est la tête d’affiche de la Revue nègre, au théâtre des Champs-Élysées. Ce spectacle burlesque, qui mélange la danse et le jazz, lance sa carrière. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Joséphine Baker a acquis une vraie renommée. Elle met sa notoriété au service de la France en participant activement à la Résistance. Elle collabore avec les services secrets français, puis avec l’armée jusqu’à la fin de la guerre.

Une femme engagée en France et à travers le monde
Après la guerre, Joséphine Baker demeure une femme engagée. Alors que la ségrégation raciale fait de nombreuses victimes dans son pays natal, elle milite pour défendre les droits des Afro-américains. Elle soutient également la Croix-Rouge. Dans les années 1950, elle s’intéresse au communisme. Elle se rend plusieurs fois à Cuba, seule et avec ses enfants. Elle rencontre Fidel Castro et se produit plusieurs fois sur la scène cubaine.
Française depuis 1937 par son mariage avec Jean Lion, elle s’installe définitivement dans le pays. Elle se remarie avec Jo Bouillon en 1947. C’est avec lui qu’elle fonde sa “famille arc-en-ciel”, en adoptant 12 enfants de nationalités différentes. Ensemble, ils achètent le château des Milandes, situé en Dordogne et labellisé Maison des Illustres depuis 2012.
Colette : une femme de lettres française face à un monde d’hommes
Tout au long de sa vie, Colette a lutté pour son indépendance dans une société dominée par les hommes. Écrivaine de talent, il lui faudra attendre de nombreuses années avant de signer ses œuvres de son nom.
De l’écriture jusqu’à la scène : une artiste française accomplie
Sidonie Gabrielle Colette naît en 1873, dans un petit village de l’Yonne. Elle commence à écrire ses premiers textes sur les bancs de l’école. En 1889, lors d’un voyage à Paris, elle rencontre Henri Gauthier-Villars, un écrivain plus connu sous le nom de Willy. Ils se marient en 1893. Installée à Paris, Colette se met à écrire son premier roman, en s’inspirant de son histoire personnelle. C’est le début de la série littéraire Claudine.
Claudine à l’école est publié sous le nom de Willy, qui en retire toute la gloire. Entre 1900 et 1903, elle écrit trois autres romans, tous signés par Willy. Mais Colette ne se satisfait pas d’une vie dans l’ombre de son mari. Elle se tourne rapidement vers la scène et le music-hall. Journaliste à ses heures perdues, Colette publie des articles dans plusieurs journaux parisiens. En 1907, elle met fin aux aventures de Claudine, en publiant un dernier roman sous son propre nom.
Une femme audacieuse, libre de corps et d’esprit
En 1907, Colette fait scandale dans son spectacle de pantomime, Rêve d’Égypte. Sur la scène du Moulin Rouge, elle embrasse la baronne de Morny, plus connue sous le nom de Missy. Les deux femmes sont amantes et l’affichent au grand jour. À Paris, la bisexualité assumée de Colette ne passe pas auprès de la haute société. Les deux amantes quittent la ville pour un temps, tout en continuant à se produire au théâtre.
Colette ne craint pas les jugements et n’hésite pas à s’afficher avec des femmes. Elle coupe ses cheveux et porte des pantalons, comportement singulier pour l’époque. Dans son spectacle de pantomime, elle expose son corps, sous l’œil complaisant de son mari. Colette choque le public et se fait régulièrement siffler, sans que cela n’ébranle sa soif d’indépendance.
Joséphine Baker et Colette : les dessous d’une relation intime
Dans les années 1930, le chemin de Colette croise celui de Joséphine Baker. La rencontre entre ces deux femmes indépendantes et résolument modernes a donné naissance à une relation intime et profonde.
Deux femmes avant-gardistes sur scène comme dans la vie
Les points communs entre Joséphine Baker et Colette sont nombreux. Pour ces deux femmes qui évoluent dans une société encore très conservatrice, la scène est un moyen de se libérer et de s’affirmer. Si Joséphine Baker est d’abord réticente à l’idée de danser nue, Colette montre son corps sans hésitation. En 1936, lorsque cette dernière découvre Joséphine Baker au théâtre des Folies Bergère à Paris, elle est subjuguée.
Dans l’un de ses articles pour le quotidien Le Journal, l’écrivaine ne tarit pas d’éloges sur la beauté et le talent de la danseuse américaine. Elle s’émerveille du corps de la jeune artiste et des traits parfaits de son visage. Sous la plume de Colette, Joséphine Baker est décrite comme une meneuse de revue à la fois gracieuse, sensuelle et pudique.
Une affection profonde marquée par une correspondance intime
À Paris, Joséphine Baker et Colette nouent des liens amicaux étroits. Les Français leur prêtent rapidement une relation plus intime. À cette époque, Colette a plus de 60 ans, quand Joséphine Baker n’en a que 30. Malgré cette différence d’âge, leur histoire n’a rien d’improbable. En effet, Colette est ouvertement bisexuelle. Joséphine Baker aurait également entretenu plusieurs relations avec des femmes (dont l’artiste Frida Kahlo).
Par ailleurs, la correspondance entre les deux femmes témoigne de leur affection réciproque. Dans une lettre envoyée à Joséphine Baker en 1936, Colette est pleine de tendresse pour sa “chère Joséphine”(Cette lettre est disponible sur notre site, voir plus bas). Le contenu de cette lettre est un témoignage édifiant de l’histoire sentimentale vécue par ces deux femmes avant-gardistes.
Joséphine Baker et Colette ont marqué l’histoire de France, chacune à leur manière. L’Américaine, résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, est la première femme noire à être entrée au Panthéon. Quant à Colette, elle figure parmi les écrivaines françaises les plus célèbres à travers le monde. Leur correspondance intime dévoile un pan inédit de leur histoire personnelle.
🏛️ Pièce de collection disponible
Cette lettre autographe de Colette à Joséphine Baker (circa 1936), accompagnée de son enveloppe originale adressée aux Folies Bergères, est actuellement disponible sur notre marketplace.
Voir la lettre originale – 15 000 €

