Mise à jour 15 novembre 2022 par Redak
L’année 2022 devrait être “spectaculaire” pour l’industrie du luxe avec 1 400 milliards d’euros de revenus prévus et cette croissance record devrait se poursuivre à l’avenir, mais à un rythme plus lent, selon un rapport du cabinet de conseil Bain and Company.
“Le marché mondial des produits de luxe a connu un nouveau bond en avant d’ici 2022” avec une augmentation de 13% à taux de change constant par rapport à 2021, selon l’étude publiée mardi. L’étude a été réalisée en collaboration avec la Fondation Altagamma, qui regroupe les plus grandes marques du luxe italien. La croissance a été une aubaine pour la majorité des marques de luxe.
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“Toutes les catégories du luxe ont augmenté ou même dépassé leurs niveaux en 2019 et la reprise post-Covid étant notamment portée par des catégories comme les bijoux et les montres, ainsi que la mode et le cuir”, selon l’étude, ce qui correspond aux tendances observées chez les grandes marques de luxe comme LVMH, Kering, Hermès, Prada ou Moncler. Le secteur du “luxe personnel” atteint désormais 353 milliards d’euros de revenus (+15%).
– 400 millions de clients –
“Autant les résultats de 2022 sont spectaculaires, autant c’est très compliqué de faire des prévisions sur 2023, parce qu’il y a des facteurs d’incertitude énormes” que sont les marchés en Chine et aux Etats-Unis, nuance auprès de l’AFP Joëlle de Montgolfier, directrice du pôle luxe chez Bain and Company.
D’après l’étude, l’impact d’une récession sur l’industrie pourrait être différent de celui de la crise financière mondiale de 2008-2009, car “le marché du luxe semble désormais mieux équipé pour faire face aux bouleversements économiques”, avec notamment des consommateurs plus nombreux.
L’analyse de Bain-Altagamma présente deux scénarios pour 2023, avec une croissance des ventes sur le secteur des biens personnels de luxe comprise entre 3 et 5% ou entre 6 et 8% (à taux de change constants), selon la vigueur de la reprise économique en Chine et la capacité des États-Unis et de l’Europe à résister au contexte économique moins porteur.
“A l’horizon 2030, on reste sur cette perspective relativement soutenue de croissance de 5 à 7%. Ce qui voudra dire que le marché du luxe mondial, aura plus que doublé entre 2020 et 2030”, souligne Joëlle de Montgolfier.
“En 2013, 2014, il y avait à peu près 330 millions de clients dans le monde. Aujourd’hui, on estime que ce chiffre est à 400 millions et qu’à l’horizon 2030, il pourrait passer à 500 millions”, précise-t-elle, en relevant que le marché chinois représente actuellement 70 millions de clients.
Un puissant facteur de croissance du secteur au cours du reste de la décennie sera les tendances générationnelles. “La +génération Y+ (nés entre 1980 et 1994) et la +génération Z+ (nés entre 1995 et 2009) ont représenté la totalité de la croissance du marché en 2022”, selon l’étude.
“Dans les années à venir, les dépenses de la +génération Z+ et de la +génération Alpha+ (nés après 2010) devraient augmenter environ trois fois plus vite que pour les autres générations jusqu’en 2030, représentant un tiers du marché”, est-il précisé.
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