Contactez-nous du lundi au vendredi de 9:30 AM à 6:30 PM UTC (Paris - France) au + 33 (0)7 57 83 20 12

Victoria Beckham à Paris, elle va mettre du piment dans la Fashion Week

Après New York et Londres, la Britannique Victoria Beckham crée l'événement en intégrant la Fashion Week de Paris, le plus important rassemblement de mode de l'année. Elle débute lundi et sera consacrée à ses talents de créatrice.

"C'est le début d'une marque éblouissante. Nous sommes ravis que Victoria Beckham soit parmi nous", l'événement étant prévu pour le 30 septembre. a déclaré à l'AFP Pascal Morand, le président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode.En s'inscrivant dans le calendrier officiel parisien, Victoria Beckham, 48 ans, fait partie des 104 marques françaises mais aussi internationales qui ont été inscrites à la semaine de prêt-à-porter printemps-été 2023 de cette année.Signe que la pandémie n'a plus d'impact sur l'événement, une majorité de maisons ont décidé de privilégier les défilés physiques, qu'il s'agisse de poids lourds comme Dior, Chanel, Saint Laurent, Stella McCartney ou Issey Miyake, ou de nouvelles marques comme la française Weinsanto qui ouvrira le bal un lundi soir.L'ex-Spice Girl, devenue en 2008 créatrice de mode, a jusqu'ici participé aux Fashion week de Londres et New York mais n'a plus organisé de défilé de mode depuis la crise sanitaire en 2020. Elle n'a plus participé à une Fashion Week à Londres, même en ligne, depuis plus d'un an et s'est plainte dans une interview du coût de l'organisation des défilés. Victoria Beckham, dont le projet de se lancer dans la mode avait d'abord étonné, a su faire ses preuves. Sa marque revendique aujourd'hui 250 points de vente répartis dans une cinquantaine de pays. Son vestiaire féminin a toujours été apprécié des fashionistas et de la prêtresse de la mode Anna Wintour qui avait prévenu qu'il ne fallait "jamais (la) sous-estimer".  

- "Prête" pour Paris -

  Malgré ces soutiens, la marque a eu du mal à faire des bénéfices et est très endettée, rapportait récemment la presse britannique. Pour relever la barre, la Britannique a fait appel à des acteurs français majeurs: Ralph Toledano, ancien président de la Fédération française de la haute couture et de la mode comme président du conseil d'administration et Marie Leblanc de Reynies, auparavant responsable des achats du grand magasin parisien Printemps comme PDG. "Elle n'est pas du sérail de la mode, elle s'est lancée dans cette affaire et, à un moment donné, il a fallu structurer, organiser, mettre en ordre la maison, tout ce qu'on a fait depuis quatre ans", souligne Ralph Toledano. "On est prêt" à défiler à Paris, assure-t-il. Pour la créatrice, l'évènement "apporte une sorte de reconnaissance", commente à l'AFP Benjamin Simmenauer, professeur à l'IFM (Institut français de la mode). La Fashion week de Paris "est la plus en vue, c'est une manière d'être validée comme une marque qui a une vraie identité créative", souligne-t-il en précisant que les Fashion weeks de Londres et New York "ont une connotation plus commerciale". Mais l'emballement autour de sa venue est lié à son statut de célébrité suivie par 30 millions d'abonnés sur Instagram. "Il y a une presse, pas forcément spécialisée, qui mentionne la Fashion week parce que Victoria Beckham en fait partie", estime Benjamin Simmenauer. Cette Fashion week sera en revanche marquée par l'absence de la marque Celine: son directeur artistique Hedi Slimane a défilé en juin à la Fashion week homme à Paris après avoir abandonné le calendrier pendant plus de deux ans et présenté ses collections dans des films tournés notamment dans des châteaux. "Un non-évènement", pour Pascal Morand qui tient à minimiser ce revirement. "Il peut y avoir d'autres choix de la marque ou du directeur artistique à un moment donné. Il y a cette liberté", conclut-il. neo/may/or © Agence France-Presse

Des biens de la pègre en vente ! Ferrari, baskets rares et trottinette: des lots saisis à vendre aux enchères

Plus de 400 biens saisis ou confisqués, parmi lesquels des Ferrari, une moto Ducati ou des montres Rolex vont être vendus aux enchères début octobre à Lyon et à Marseille, a annoncé mercredi la Direction générale des finances publiques.

"Tous les biens mis en vente proviennent de saisies et de confiscations judiciaires dans le cadre de procédures pénales", a précisé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.Le catalogue présente des voitures prestigieuses comme une Ferrari 360 Modena rouge, saisie à Marseille, un peu éraflée et estimée 60.000 euros, une Chevrolet Corvette noire de 1973 saisie à Lyon, ou une Mercedes AMG C63 S de 510 chevaux.Des deux-roues sont également proposés à la vente, comme une Ducati Multistrada de 2018, une puissante trottinette électrique et des vélos en carbone. Au rayon bijoux et maroquinerie, une Rolex GMT Master II en or gris, estimée à 30.000 euros, sera également mise aux enchères au côté de sacs Louis Vuitton et d'une paire de Nike Air Jordan 1 High Dior, "état neuf" mais sans boîte, estimée entre 6.500 et 8.500 euros. Ces lots vont être proposés à la vente le mardi 4 octobre à Lyon (palais de la Bourse) et le mercredi 5 octobre à Marseille (palais du Pharo). Le public pourra participer enchères sur place ou en ligne, sur le site de l'Hôtel Drouot. Le Domaine de la Direction générale des finances publiques organise ces ventes pour le compte de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), qui a ouvert une antenne dans ces villes en 2021. Depuis la création de l'AGRASC en 2011, les ventes des avoirs frauduleux ont permis à l’État de récolter 1,5 milliard d'euros détenus à la Caisse des dépôts. Des ventes similaires avaient permis de récolter trois millions d'euros à Paris en novembre 2011, 1,7 million avec une vente de grands crus à Dijon en avril 2022, et 377.000 euros à Douai (Nord) en juin 2022 avec une autre Ferrari et des BMW, selon le Domaine. Plus de 25 millions d'euros de cryptomonnaies ont, par ailleurs, été saisis en 2021. Les biens saisis sont soit vendus avant jugement, lorsqu'ils ne sont plus utiles à la manifestation de la vérité ou qu'ils sont susceptibles de se dévaluer, soit vendus au stade de la confiscation, lorsqu'un tribunal a condamné leur propriétaire. Le produit de la vente peut être affecté au budget général de l’État ou réinjecté dans des fonds de lutte contre le trafic de drogue comme c'est le cas pour les affaires de stupéfiants. La loi permet également d'affecter des biens aux services enquêteurs, ou d'en confier la gestion, comme c'est le cas d'immeubles, à des associations spécialisées. tsz/tq/LyS © Agence France-Presse

Kokoschka, peintre “punk” avant l’heure, s’expose en grand à Paris

Ses œuvres ont scandalisé autant qu'elles ont révolutionné l'art. Elles n'ont souffert d'aucune compromission avec l'histoire: le peintre autrichien Oskar Kokoschka, "punk" avant l'heure et chantre de la liberté, s'expose en grand à Paris.

Près de 40 ans après la seule vraie rétrospective française qui lui avait été consacrée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, le musée d'art moderne de la ville de Paris (MAM) présente 70 ans de création de cet "enfant terrible" de la Vienne intellectuelle et artistique du tournant du XXe siècle, celle de Gustav Klimt, d'Egon Schiele, d'Adolf Loos ou de Karl Kraus.

Ce sont 150 oeuvres dont 75 tableaux majeurs, dessins, lithographies, affiches, documents et photographies rares.

"Avec l'ambition de faire découvrir l'ensemble de l'œuvre" de celui qui fut aussi poète, écrivain ou dramaturge, et "l'incroyable richesse de son parcours qui a traversé le XXe siècle", dit à l'AFP Fanny Schulmann, commissaire de l'exposition avec les Autrichiens Dieter Buchhart et Anna Karina Hofbauer.

Portraits, paysages, allégories politiques, animaux... À coups de pinceaux, d'aplats, de couleurs et de traits vifs en perpétuelle mutation, qui ont fait de lui un pionnier de l'expressionnisme, Kokoschka (1886-1980) représente de manière radicale les états d'âme et fait voler en éclats toutes les conventions des grands maîtres de l'histoire de l'art qu'il admire, "défendant, contre l'abstraction, une idée humaniste de l'être humain", souligne Didier Buchhart.

- "Rébellion permanente" -

"L'humain c'est un rayonnement, ce n'est pas la surface, l'uniformité dans le monde. Je ne peux peindre une ville que lorsqu'elle est organique, je pourrais voir l'être humain sous sa peau. Seul un peintre peut faire cela, c'est pourquoi que je suis en rébellion permanente", disait Kokoschka en 1964. Il avait 78 ans.

Né à Pöchlarn, en Basse-Autriche, dans un milieu modeste, il a étudié l'art et vécu à Vienne, mais aussi à Dresde, Berlin, Prague, Paris et Londres, où il s'est exilé en 1938, s'engageant contre la montée des fascismes en Europe et le pouvoir nazi, voyageant en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, un parcours présenté chronologiquement.

Dès 1908, il fait scandale. Ses "Garçons qui rêvent", poème illustré sur l'éveil à la sexualité, révulse la bourgeoisie viennoise. Rejeté, "il se rase le crâne et se représente en repris de justice", raconte Mme Schulmann.

Il récidive aussitôt après avec une pièce de théâtre, "Meurtrier, espoir des femmes", qui évoque le poids de cette société bourgeoise, catholique, sur les relations humaines et entre les sexes.

C'est "le plus sauvage d'entre tous" ("Oberwidling" en allemand), dira la critique à l'époque. Son "Tigron" (1926), mi-tigre mi-lion, dévorant une gazelle, présenté au MAM, en est une parfaite illustration. Tout comme le sous-titre de l'exposition: "Un fauve à Vienne".

- Poupée -

Après sa rupture avec Alma Mahler (la veuve de Gustav Mahler) et alors qu'il se remet, à Dresde, de graves blessures sur les fronts russe et italien pendant la Première Guerre mondiale, il fait fabriquer une poupée à l'effigie de la jeune femme par une costumière de théâtre. Plusieurs photos exposées à Paris et provenant du centre de recherches Kokoschka de Vienne la montrent, yeux écarquillés, longs cheveux noirs et corps cousu en fourrure blanche.

"Il la promène partout et se peint en sa compagnie, ce qui a une valeur performative à l'époque, très moderne", explique Mme Schulmann. Kokoschka abandonnera la poupée, "décapitée, à la suite d'une nuit de fête très arrosée qui parachève sa mise en scène de la violence", ajoute-t-elle.

"Il a un côté punk dans le sens où il a aimé provoquer, pousser les gens dans leurs retranchements contre toute représentation rassurante du monde, avec une dimension d'homme libre qui ne s'est laissé enfermer dans aucun mouvement, aucune époque, et a su se réinventer tout le temps. Mais ses œuvres sont aussi un hommage à la grande peinture, une complexité remplie de paradoxes", analyse-t-elle.

Affiches condamnant le bombardement de Guernica, participation aux groupes anti-fascistes et au Congrès pour la paix... Kokoschka, mort à presque 94 ans en Suisse, a toujours défendu la liberté et une culture européenne commune.

Lorsqu'en 1937 les nazis exposent ses oeuvres qu'ils considèrent "dégénérées", il répond par un autoportrait: "Artiste dégénéré" (exposé à Paris), bras croisés et regard défiant le régime.

ls/hh/mch/it

© Agence France-Presse

``YouTube

“Les Combattantes”, plongée romanesque dans la Grande guerre avec Audrey Fleurot

L'équipe du "Bazar de la Charité", Audrey Fleurot en tête, plonge au début de la Grande guerre à partir de lundi sur TF1 avec "Les Combattantes", fresque féministe et romanesque une nouvelle fois co-financée par Netflix et la Une, qui mise gros.

Par Aurélie CARABIN
Prostituée en quête d'un proche, infirmière pourchassée par un policier, religieuse en pleine crise de foi et épouse contrainte de gérer l'usine de son mari...Cette mini-série en huit épisodes de 52 minutes retrace les destins fictifs mais "hors du commun" de quatre héroïnes, interprétées par Audrey Fleurot, Camille Lou et Julie de Bona, le trio du "bazar", rejointes par Sofia Essaïdi, ainsi que Sandrine Bonnaire, Tchéky Karyo, Laurent Gerra ou encore Tom Leeb."Le Bazar de la Charité" se déroulait à Paris au crépuscule du XIXe siècle, partant d'un incendie qui a réellement ravagé la salle du même nom, faisant plus de 120 morts, essentiellement des femmes.Avec "Les Combattantes", TF1 entraîne cette fois les téléspectateurs dans les Vosges, en septembre 1914, pendant la guerre de mouvement qui a précédé celle des tranchées et "qu'on voit très peu dans les films", a rappelé la productrice Iris Bucher lors d'une conférence de presse en juin.Mais la recette reste la même: romance, manipulations, costumes et décors spectaculaires, réalisation d'Alexandre Laurent... et surtout un budget hors norme pour une production télé hexagonale, de plus de 20 millions d'euros, via un "deal gagnant-gagnant" avec Netflix, selon Iris Bucher. Inauguré avec "le Bazar" (plus de 17 millions d'euros), ce type de partenariat permet à TF1 d'élever ses ambitions tout en rayonnant à l'international, abonde sa directrice artistique de la fiction française, Anne Viau.  

- Pousser les curseurs -

  Regardé par plus de 6 millions de téléspectateurs en moyenne en direct en France et diffusé mondialement, "le Bazar de la Charité" a ainsi fait l'objet de remakes en Turquie et en Italie, rappelle-t-elle. De quoi justifier la suite "d'anthologie" (avec des personnages et intrigues renouvelées) imaginée à partir du projet d'une jeune autrice, Cécile Lorne. D'autant plus que les comédiennes du premier opus n'ont pas hésité à "s'engager", poussées par "l'envie de se retrouver" et par le "gage de qualité" représenté par le duo Bucher/Laurent, a expliqué Audrey Fleurot, également séduite par une période importante "sociologiquement". "Je trouve ça super qu'on parle de femmes qui à cette époque avaient du mal, encore plus évidemment qu'aujourd'hui, à trouver leur place à des postes a priori masculins", a renchéri auprès de l'AFP Sofia Essaïdi, ancienne candidate de la Star Academy, prochainement au cinéma dans "Nostalgia". Les personnages masculins ne sont pas oubliés pour autant et sont même plus étoffés que dans "le Bazar". Si le réalisateur Alexandre Laurent s'est évertué à ne pas tomber dans "la surviolence" propre à la guerre, la série comporte certaines scènes assez crues, notamment sexuelles. "Cela fait un certain temps qu'à la fiction de TF1 on ose pousser les curseurs" pour séduire un public "éduqué en matière de série", reconnaît Anne Viau. Reste à voir s'il suivra. L'enjeu est de taille pour TF1, qui vient d'annuler son mariage avec M6 et voit ses audiences impactées par son conflit avec Canal+, qui a cessé de diffuser les chaînes du groupe. Or la concurrence s'annonce rude face à "L'amour est dans le pré" sur M6 et la nouvelle saison des "Rivières pourpres" sur France 2. "Je suis extrêmement sereine", assurait Anne Viau en juin, confiante en sa "pépite". ac/elc/sp © Agence France-Presse
Accès aux extraits et replays ici

Macron annonce la poursuite du Loto du Patrimoine pour les cinq ans à venir

Emmanuel Macron a promis vendredi que le Loto du patrimoine, destiné à restaurer des biens en péril et qui fête cette année sa cinquième édition, se poursuivrait pendant les cinq années à venir.

"Ca va durer (encore) au moins cinq ans (...) J'espère que cette décennie aura rendu la chose irréversible", a-t-il dit à Guéret (Creuse), où le petit théâtre à l'italienne va bénéficier d'une aide de 500.000 euros du Loto du patrimoine pour sa restauration et sa réouverture."Cette politique pour le patrimoine est importante parce que cela permet à nos villes et villages de renouer avec leur histoire", a-t-il ajouté, au côté de son épouse Brigitte Macron, de la ministre de la Culture Rima Abdul Malak et de Stéphane Bern, responsable de la Mission patrimoine.Construit en 1837, le théâtre à l'italienne de Guéret a été utilisé comme cantonnement de soldats pendant la Première Guerre mondiale puis transformé en cinéma de 1932 à sa fermeture en 1983.Le couple présidentiel, Stéphane Bern, la ministre de la Culture et la présidente directrice générale de la Française des Jeux Stéphane Pallez ont visité le site, plongé dans le sommeil depuis 40 ans. "Ce théâtre, on va pouvoir le réhabiliter, le rouvrir et y jouer du théâtre. C'est formidable", s'est félicité le président à la veille de la 39e édition des Journées européennes du patrimoine, samedi et dimanche. "On a des jeunes de tous les âges qui vont pouvoir se réapproprier ce lieu, des artisans, des artistes qui vont pouvoir travailler", a-t-il ajouté. Le président et son épouse, qu'il a rencontrée dans un atelier théâtre alors qu'il était lui-même lycéen, ont assisté à une courte représentation de Hamlet interprétée par des élèves de terminale du lycée de Guéret. Interrogé par des élèves de primaire sur son activité culturelle et son monument préférés, le chef de l'Etat a raconté qu'il lisait, parce que c'est ce qu'il peut "le plus facilement faire" mais qu'il "aimait aussi le théâtre". Il a confié penser d'abord à la cathédrale Notre-Dame de Paris, "parce que je l'ai vue brûler", a-t-il ajouté. Le Loto du Patrimoine a permis de réunir 200 millions d'euros et de sauver 745 sites en péril depuis 2018, a-t-il précisé. Le patrimoine, "c'est la fierté, ce sont des projets, c'est la vie de nos territoires et puis c'est le beau. On en a besoin pour redonner du sens à la vie", a lancé Emmanuel Macron. Le couple présidentiel s'est ensuite rendu à Aubusson (Creuse), fief de la tapisserie française, où il assisté à une "tombée de métier" de "Conversation with Smaug", une tapisserie de 8 m2 inspirée de l'oeuvre de l'écrivain britannique J.R.R. Tolkien. La tombée de métier est le moment symbolique lors duquel les fils sont coupés et la tapisserie dévoilée. L'oeuvre a nécessité 900 heures de travail de février à août. "Il y a des métiers qui plongent dans notre histoire. C'est un immense trésor français" qu'il faut préserver", a relevé le président. Souvent les "métiers de la main" ont été "négligés" alors que ce sont "des métiers fondamentaux où il y a des perspectives d'emploi", a-t-il insisté. vl/vm © Agence France-Presse

La Ruche, cité d’artistes cosmopolite et séculaire au coeur de Paris

Elle a accueilli Chagall, Soutine, Zadkine et nombre d'artistes juifs fuyant les pogroms au tournant du XXe siècle et continue d'abriter leur "descendance" internationale: c'est la Ruche, cité d'artistes cosmopolite nichée dans un écrin de verdure en plein Paris.

Pour fêter ses 120 ans, le bâtiment en forme hexagonale, vestige de l'exposition universelle de 1900 doté d'une structure métallique de Gustave Eiffel, ouvre ses portes au grand public samedi et dimanche à l'occasion des journées européennes du patrimoine. "C'est le projet d'un utopiste et sculpteur passionné, Alfred Boucher. A l'époque, il a acheté le terrain pour une bouchée de pain dans ce qui était encore la campagne à Paris. Il rêvait d'un phalanstère d'artistes qu'il a construit en récupérant des éléments de l'exposition universelle", raconte à l'AFP Ernest Pignon-Ernest, considéré comme le père de l'art urbain en France. "C’est un lieu exceptionnel, sur le palier il y a une Iranienne, une Coréenne, deux Grecs, il y avait un Cubain qui est mort récemment. C'est complètement international et c’est un enrichissement", ajoute l'octogénaire qui a élu domicile dans les lieux en 1973, et y prépare ses "collages", de grands dessins en noir et blanc collés sur les murs des villes. La Ruche tire son nom de la forme du bâtiment principal qui abrite des ateliers comme autant d'alvéoles où vont et viennent, travaillent et vivent les artistes, moyennant un loyer modique, dans un passage du quinzième arrondissement. "Quand Soutine est arrivé à Paris il n'avait qu'un papier en poche sur lequel était écrit +La Ruche+ ! Il a dormi partout ici. Modigliani aussi est venu. Sa tante écrit dans une lettre qu'il va bien mais qu'il est très maigre", raconte Ernest Pignon-Ernest, intarissable sur l'histoire de ce lieu au coeur de l'effervescence artistique du Montparnasse du début du XXème siècle.

- Né à la Ruche -

Ernest Pignon-Ernest qui dispose lui-même d'un vaste espace rempli de dessins originaux de ses amis "Sfar, Reiser, Tardi, Willem, Cabu, Wolinski", de livres et de photos, donnant sur le jardin, est un peu la mémoire des lieux. A l'instar de son compatriote Léonard Leoni, né à la Ruche en 1933, qui a appris la mosaïque ici avec de grands mosaïstes italiens et réalisé nombre de fresques pour Braque, Léger ou Chagall. "C’est un lieu de travail commun qui me préserve de la solitude et de laisser tomber. Ca nourrit l’envie de continuer. C’est très précieux", confie Nicky Rieti, Américain septuagénaire, décorateur et scénographe, adepte des dioramas. Bonnet noir enfoncé sur la tête, Nicky s'affaire, avec ses collègues et amis, à installer l'exposition collective présentée à l'occasion des portes ouvertes. "C'est un +miracle+ de me retrouver ici", dit Anna Foka, 47 ans, peintre grecque installée à la Ruche depuis 16 ans. "Je peins la nuit, je peins tout le temps, j’y dors, j’y écris, j’ai parfois envie de pousser les murs mais je peux dire que c’est vraiment chez moi", ajoute-t-elle. "Penser à tous les grands artistes qui nous ont précédé nous oblige à continuer. C’est une responsabilité", commente Mohamed Himat, Kurde irakien de 62 ans, aux tableaux très colorés dont les motifs semblent s'échapper de la toile.

- Chat, statues -

La Ruche s'élève sur deux niveaux au milieu d'un vaste jardin où des arbres de plus de vingt mètres de hauteur voisinent avec une végétation luxuriante en cette fin d'été, un chat, des statues et des blocs de marbre de Carrare recouverts de mousse. Elle accueille une quarantaine d'artistes de toutes nationalités. De nouveaux candidats, dont les dossiers affluent et sont sélectionnés par le conseil d'administration, devraient bientôt les rejoindre, précise Jérôme Clément, président de la fondation La Ruche-Seydoux, qui gère le lieu. Menacée de destruction à la faveur d'un projet immobilier dans les années 70, la Ruche a été "sauvée" par une forte mobilisation, dont celle d'André Malraux et des mécènes Geneviève et René Seydoux, dont la fondation vise à pérenniser ce "lieu vivant de création artistique ouvert à tous", selon M. Clément. Son histoire s'est aussi construite à travers les grands noms du théâtre comme Louis Jouvet et Klaus Michael Grüber qui y ont travaillé et vécu. ls/elc/dch     © Agence France-Presse

A Paris, Frida l’intime, Kahlo l’icône de la mode

Il y a ses célèbres corsets en plâtre peint, ses tenues de Tehuana, ses médicaments, ses cosmétiques, mais aussi des créations Givenchy ou Erdem inspirées par elle: jamais une exposition à Paris n'a fait revivre autant l'univers de Frida Kahlo.

Que reste-t-il encore à découvrir sur cette artiste superstar à l'image souvent (sur)exploitée? Le Palais Galliera, musée de la mode, présente à partir de jeudi, et jusqu'en mars 2023, "Frida Kahlo, au-delà des apparences", avec pour ambition de tisser des liens entre les objets personnels de l'artiste (plus de 200) et son art."Nous voulons nous éloigner de l'exotisme qui l'entoure, et que les gens puissent voir qu'elle est bien plus qu'une simple commodité ou image", affirme à l'AFP la commissaire de l'exposition, Circe Henestrosa.

- Frida fashionista -

  Cette exposition est inédite à Paris, où l'artiste s'est rendue en 1939 suite à l'invitation de son ami André Breton. Mais elle a déjà voyagé à Londres, San Francisco, New York et à chaque fois, la commissaire l'adapte en fonction de la ville. Pour "la capitale de la mode", sont présentées des créations signées Alexander McQueen, Jean-Paul Gaultier ou encore Valentino directement inspirées du style Frida. On retrouve une robe avec une cape rappelant le "resplandor", cette coiffe d'inspiration religieuse portée par les femmes de Tehuantepec dans l'Etat mexicain d'Oaxaca; ainsi que des jupes, tuniques, combinaisons ornées de fleurs, tulles et strass et même des corsets en métal. Mais le clou de l'exposition reste les effets personnels, que le public français pourra voir pour la première fois. Avec d'innombrables photos, télégrammes et lettres, ils avaient été exposés pour la première il y a dix ans à la Casa Azul, sa maison natale, où pendant 50 ans son mari, le peintre Diego Rivera, les avaient gardés dans une malle. Une jambe prothétique avec une botte ornée de broderies chinoises --portée après l'amputation de sa jambe droite--; un corset orthopédique qui ressemble fortement à celui dans son tableau "La Colonne brisée", des corsets peints, dont l'un portant la faucille et le marteau, rappelant ses convictions communistes--, des colliers précolombiens mais aussi des médicaments, témoins de ses souffrances physiques après sa polio et un grave accident de bus. "On ne montre rien que Frida Kahlo n'a pas voulu montrer elle-même", explique la commissaire qui dit avoir voulu s'"éloigner du discours dans les années 80 qui insistait plus sur la victimisation de Kahlo et de son corps". "Elle a bien sûr souffert beaucoup physiquement mais on voit à travers cette exposition comme elle utilisait la peinture comme un moyen de convalescence et de production créative", ajoute-t-elle. "Elle se peignait comme elle s'habillait, elle se faisait photographier comme elle se peignait", poursuit Circe Henestrosa. "Les corsets peints, c'est un acte de rébellion, elle les a convertis en une seconde peau... et pourquoi porter une prothèse laide? Elle allait en faire une botte esthétique, c'est tellement moderne".

- "Fière de son héritage" -

  De nombreuses tenues, notamment ses célèbres jupes brodées traditionnelles et ses huipils (tuniques sans manches), sont exposées, aux côtés d'une poignée de tableaux, dont "Le Cadre", première acquisition par l'Etat français d'une oeuvre d'un artiste mexicain. Frida Kahlo (1907-1954) se serait-elle "appropriée" les tenues originaires de l'isthme de Tehuantepec, où elle n'a pourtant jamais mis les pieds? "Non, c'est son propre héritage, du côté maternel", explique la commissaire en référence à la mère de Frida, une métisse d'origine espagnole et indigène de Oaxaca (proche de l'isthme). Non seulement elle en était fière, mais elle "a choisi les robes de Tehuana qui viennent d'une société matriarcale (dans l'isthme, ndlr), pour évoquer une femme forte (...) alors que la mode au Mexique dans les années 30, c'était Paris", ajoute encore Mme Henestrosa. Féministe, cultivant son côté androgyne, "elle perdure car elle a pu briser beaucoup de tabous à travers son corps; évoquant handicap, convictions politiques et son identité +non-binaire+ bien avant les débats d'aujourd'hui", dit-elle. ram/elc/dch       © Agence France-Presse

La Maison Claude Monet à Argenteuil, nouvelle touche de couleurs sur la carte des impressionnistes

Un air de chalet suisse aux volets verts: bienvenue au 21 boulevard Karl-Marx à Argenteuil (Val-d'Oise), nouveau musée installé dans une ancienne demeure de Claude Monet, qui peignit près de la Seine certains de ses chefs-d’œuvres impressionnistes.

Par Fanny LATTACH
A deux pas de la gare, la maison rosée ceinte d'un jardinet fleuri a bien failli tomber dans l'oubli. Claude Monet (1840-1926) s'y est installé en 1874 avec sa famille et y a vécu quatre années, à l'époque où Argenteuil était une destination de villégiature prisée des Parisiens.Habitée par des propriétaires successifs et abîmée par le temps, rachetée par la ville en 2003 puis rénovée de fond en comble, elle renaît aujourd'hui sous la forme d'un musée, accessible à partir de samedi à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. La Maison impressionniste Claude Monet a été conçue comme une évocation de la présence du peintre dans cette ville, bien plus qu'un témoignage de sa vie à l'intérieur de quelque 150 m2. Contrairement à sa demeure de Giverny, ne cherchez pas ici son lit, son bureau ou son chevalet. Du sol au plafond, "plus rien n'est comme avant", prévient d'emblée Stéphanie Feze, responsable de l'unité patrimoine et tourisme à la ville d'Argenteuil. En revanche, "le jardin d'hiver a totalement été reconstruit d'après les œuvres de Claude Monet", qui avait peint cette pièce baignée de lumière, précise-t-elle. Tous les meubles ont été chinés puis repeints. Ainsi, "c'est une visite où, pour une fois, on aura le droit de manipuler des objets, des meubles, pour découvrir du contenu", souligne Mme Feze. Dans les tiroirs ou derrière de faux placards apparaissent des reproductions de peintures ou de lettres manuscrites. Chaque pièce enveloppe le visiteur dans une ambiance ouatée: du mobilier aux murs, les tons bleu ciel, pêche ou vieux rose, font écho à la palette impressionniste. "On a travaillé à identifier des marqueurs d'architecture, l'évocation d'une corniche, des rideaux, un lambris, et voir ce qu'il fallait compléter (...) sans aller trop loin et tomber dans le pastiche maladroit", glisse Loup d'Avezac, architecte de l'agence Lacaa. Entre odeur boisée et lampes marines, la pièce la plus originale plonge le visiteur dans le travail de Monet à bord de son bateau-atelier, qu'il fit construire pour peindre sur l'eau, au plus près du motif.  

- Sur l'eau -

  "Ce musée vient matérialiser la présence de Claude Monet sur le territoire d'Argenteuil. C'est une période de sa vie qui relève d'un passage très important et fécond", note Laurent Demontoux, directeur adjoint de Val-d'Oise Tourisme. La période argenteuillaise de Monet est effectivement prolifique puisqu'il y créa 259 tableaux, dont plus de 150 ont ce territoire pour sujet. Parmi ses toiles, "Le pont d'Argenteuil" fut représenté à sept reprises en 1874. Le peintre peaufine sa technique picturale, joue sur la lumière du jour, les formes géométriques et la fluidité du fleuve. Sa maison se glisse aussi en toile de fond de plusieurs tableaux. Les volets verts se distinguent dans "Camille Monet dans le jardin à Argenteuil" (1876). Sa "Femme assise dans le jardin" (1876) esquisse l'ancienne véranda. Ce nouveau musée s'inscrit "très logiquement" dans l'offre touristique et culturelle du Val-d'Oise, encense M. Demontoux. Le département mise déjà à plein sur les grands peintres passés sur ses terres, du musée Camille Pissarro à Pontoise à l'incontournable pèlerinage à Auvers-sur-Oise, pour les amoureux de Van Gogh. Mais avec "80% d'excursionnistes", soit des visiteurs qui ne restent qu'une seule journée sur place, le département cherche à activer tous les leviers possibles pour allonger la durée de séjour des touristes, explique-t-il. Des échanges sont par ailleurs en cours entre Argenteuil et d'autres endroits liés au créateur des "Nymphéas", Giverny en Normandie mais aussi les musées d'Orsay et de l'Orangerie à Paris, glisse le maire (LR) Georges Mothron. Cette maison-musée vise également à "amener une meilleure connaissance des Argenteuillais de l'impressionnisme et de ses lieux, les informer de ce patrimoine méconnu par certains", estime l'édile. fan/lbx/dlm © Agence France-Presse

Lalique rachète un fabricant de soierie zurichois en difficulté

Le groupe suisse Lalique, propriétaire de la célèbre cristallerie française, va racheter un fabricant de soierie zurichois en difficulté avec pour objectif de le redresser, annonce-t-il mercredi en marge de ses résultats semestriels.

Le groupe suisse a signé un accord pour reprendre la marque Fabric Frontline à l'entreprise suisse Trudel Fashion, indique-t-il dans un communiqué, sans dévoiler le montant de la transaction.Fondée il y a plus de 40 ans, Fabric Frontline fabrique des accessoires en soie haut de gamme et s'est fait connaître pour ses foulards grâce à son processus d'impression traditionnel et ses étoffes de haute qualité produites au nord de l'Italie, détaille-t-il. "À son apogée, Fabric Frontline collaborait avec des maisons de couture telles que Hermès, Chanel, Dior, Nina Ricci ou Vivienne Westwood", souligne le groupe suisse. En juin, Trudel Fashion, son propriétaire depuis 2012, avait annoncé la cessation des activités de la marque pour le courant de l'année si aucune autre solution n'était trouvée. Le groupe Lalique compte redresser la marque à travers la coopération avec ses autres marques, comme il l'avait déjà fait en 2015 avec sa marque de cristal, mais aussi grâce aux applications textiles pour l'ameublement. Il compte également mettre en valeur la marque dans l'hôtel zurichois appelé "Villa Florhof", dont l'histoire est liée à l'industrie de la soie à Zurich, récemment racheté par Silvio Denz, le fondateur du groupe, avec un autre investisseur. La finalisation du rachat de Fabric Frontline est attendue pour le premier trimestre 2023, avec une première collection prévue pour le printemps 2024. En 2008, Silvio Denz, un investisseur suisse qui avait fait fortune dans le parfum, avait repris la cristallerie française Lalique, connue pour ses bijoux, vases et flacons de parfums, alors en difficultés. Son entreprise, initialement appelée Art & Fragrance, avait alors repris le nom de sa prestigieuse filiale, se renommant Lalique Group. Pour le premier semestre, le groupe également actif dans l'hôtellerie de luxe, a fait état d'un net rebond de ses ventes grâce à la levée progressive des restrictions sanitaires.  Son chiffre d'affaires a grimpé de 29% par rapport au premier semestre l'an passé, à 83,2 millions d'euros, dépassant son niveau d'avant-pandémie, grâce en particulier aux ventes de cristal et à la reprise des ventes de parfums. noo/nth © Agence France-Presse

Jean-Luc Godard a eu recours à l’assistance au suicide 

Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, père de la Nouvelle Vague, qui s'est éteint mardi à 91 ans, a eu recours à l'assistance au suicide, a confirmé le conseiller de sa famille à l'AFP.

"M. Godard a eu recours à l'assistance légale en Suisse d'un départ volontaire suite à de +multiples pathologies invalidantes+ selon les termes du rapport médical", a expliqué Patrick Jeanneret, confirmant une information publiée par le journal Libération.Il existe différentes formes d'assistance au décès en Suisse, tels que l'euthanasie passive et l'assistance au suicide.La plus connue reste l'assistance au suicide, une pratique qui n'est pas réglementée de manière spécifique mais est autorisée à certaines conditions. En principe, celui qui, "poussé par un mobile égoïste", prête assistance au suicide de quelqu'un - par exemple en lui procurant une substance mortelle - est punissable d'une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Toutefois, des organisations telles que Exit fournissent une assistance au suicide dans le cadre de la loi tant qu'"aucun motif égoïste" ne peut leur être reproché. La pratique de l'assistance au suicide est encadrée par des codes de déontologie médicale et est pris en charge par des organisations, principalement Exit qui a accompagné près de 1.400 personnes dans la mort en 2021. Les suicides assistés ont augmenté annuellement ces dernières années en suisse, passant de 187 cas par an en 2003 à 965 en 2015, selon l'Office fédéral de la statistique. Après une légère diminution en 2016, ils sont repartis depuis à la hausse.   apo/vog/thm © Agence France-Press

Rapport au temps, mépris pour la télévision: sélection de déclarations de Godard

Chef de file de la Nouvelle Vague puis cinéaste militant, Jean-Luc Godard cultivait également l'image d'un intellectuel exigeant, dont nombre de petites phrases ont fait mouche.

- L'enthousiasme -

- "Je me dis que rarement un pays m'a offert tant de sujets de films que la France d'aujourd'hui. Le nombre des sujets excitants est ahurissant. J'ai envie de tout faire, à propos du sport, de la politique, et même de l'épicerie. Regardez un homme comme Edouard Leclerc (fondateur des supermarchés Leclerc: ndlr), c'est passionnant, j'aimerais bien faire un film sur lui ou avec lui" (1965). - "Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d'autre chose? Avec le cinéma, on parle de tout, on arrive à tout". - "La photographie, c'est la vérité et le cinéma, c'est vingt-quatre fois la vérité par seconde..."  

- La Nouvelle Vague -

- "Cela a été un petit moment, la Nouvelle Vague. Un tout petit moment. Si j'ai un peu de nostalgie, c'est ça. Trois personnes, Truffaut, moi et Rivette, certains oncles comme Rohmer, Melville, Leenhardt... C'étaient trois garçons qui avaient quitté leur famille" (2014). - "Agnès (Varda) était une franc-tireuse, elle tirait un fil à elle, mais elle appartenait quand même à la Nouvelle Vague. Et, après sa disparition, on n'est plus que deux: Jacques Rozier et moi. Rozier, on l'oublie toujours. Alors qu'il a commencé avant les autres" (2019).  

- Le temps -

- "En littérature, il y a beaucoup de passé et un peu de futur mais il n'y a pas de présent. Au cinéma, il n'y a que du présent qui ne fait que passer" (1997) - "Toute histoire doit avoir un début, un milieu et une fin mais pas forcément dans cet ordre-là".  

- Cinéma et télévision -

- "La télévision fabrique de l'oubli. Le cinéma fabrique des souvenirs". - "Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse". - "Il y a le visible et l'invisible. Si vous ne filmez que le visible, c'est un téléfilm que vous faites".  

- Théories -

- "Voilà. X + 3 = 1, c'est la clé du cinéma. Mais quand on dit c'est la clé, il ne faut pas oublier la serrure" (2018). - "Un film, c'est un échafaudage. C'est un empilement informe dont les pièces finalement s'imbriquent. Mais c'est aussi un échafaud. Un échafaud des idées. On en coupe tout le temps, beaucoup tombent au montage…"  

- La désillusion -

- "Le cinéma n'a jamais fait partie de l'industrie du spectacle mais de l'industrie des cosmétiques, de l'industrie des masques, succursale elle-même de l'industrie du mensonge" (1994) - "Aujourd'hui, les festivals de cinéma sont comme les congrès de dentistes. C'est tellement folklorique que c'en est déprimant" (1997). - "Le cinéma va-t-il mourir avec vous ?" - "C'est même la seule espérance que j'ai. Ça me fait un but dans la vie ! J'ai cru, quand j'étais jeune, qu'il était éternel, mais c'est parce que je croyais que j'étais éternel"  (1983).   aml-rap/mw/fmp/mch/sp © Agence France-Presse Photo by Jack GUEZ

Le cinéaste Jean-Luc Godard est décédé

Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, un des pères de la Nouvelle Vague, est décédé "paisiblement" mardi à son domicile dans la petite commune de Rolle en Suisse, a indiqué sa famille dans un communiqué.

"Le cinéaste Jean-Luc Godard est décédé le 13 septembre 2022, annoncent son épouse Anne-Marie Miéville et ses producteurs. Aucune cérémonie officielle n'aura lieu. Jean-Luc Godard est décédé paisiblement à son domicile entouré de ses proches. Il sera incinéré", indique le bref communiqué transmis à l'AFP. Il avait 91 ans.

Retour en haut de page