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À la tête de la dynastie Valoir : Dame Marie-Edith Pousse-Cornet

18 juillet 2016
Pauline

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À la tête de la dynastie Valoir : Dame Marie-Edith Pousse-Cornet

À la tête de la dynastie Valoir : Dame Marie-Edith Pousse-Cornet
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C’est dans la région historique des châteaux de la Loire que nous vous emmenons. L’étude Valoir a vu le jour sous le marteau de Maître Marie-Edith Pousse-Cornet. La maîtresse des lieux est aujourd’hui entourée par Guillaume, son fils, lui même commissaire-priseur depuis plus d’un an, et sa fille, Amélie.

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Valoir : le domaine solognot des enchères

Le domaine de Valoir s’étend jusqu’à Orléans et Romorantin où se trouvent des annexes de l’étude. Mais c’est à Blois que se trouve le bureau principal. C’est dans ce lieu de vente qu’est généré la plus grosse activité de l’étude. La salle de Blois est en effet le berceau de Valoir. Les clients sont des habitués et connaissent bien l’étude. C’est d’ailleurs là qu’ont lieu les ventes classiques de livres, bijoux et vins. La chasse, thématique régionale bien ancrée en Sologne, donne aussi lieu à 2 grandes ventes annuelles et spécialisées. L’une, celle du Game Fair, où sont proposées aux enchères près de 300 armes de chasse, a lieu à Lamotte-Beuvron. L’autre, prévue au mois d’août, sur le thème de la Vènerie, est organisée au Château de Montpoupon. « Nous avons de nombreux chasseurs dans notre région et ces thématiques fonctionnent encore assez bien». Lors de ces enchères, les vendeurs des lots dépassent les frontières régionales car ces dernières sont très réputées.AL. pousse cornet 02 La qualité des pièces mises en vente par l’étude se prouve avec cette belle enchère que Maître Pousse-Cornet se plait à nous raconter. Il y a 4 ans environ était proposé à la vente la très rare miniaturisation d’un temple japonais. Datée du XIXème, il était en bronze, or et argent. L’estimation de l’objet était relativement faible. L’oeuvre a finalement été adjugée 200 000 € à un collectionneur anglo-saxon. L’enchérisseur est venu en personne récupérer l’objet. « Ce fût un moment fort en émotion de voir avec quelle préciosité l’acheteur a emballé son bien avant de retourner avec en Angleterre ».

La vie de châteaux pour les enchères

Le côté régional de la Maison de vente est mis en exergue, au delà de son nom « Valoir ». Statistiquement,  les vendeurs proviennent pour la plupart de la région. On dénombre environ 90 % de vendeurs régionaux. «Artistiquement, avec les châteaux de la Loire, la Sologne est un territoire plutôt riche », nous explique Maître Pousse-Cornet. La preuve avec une gouache de Fernand Léger redécouverte dans un château du Loir-et-Cher. Elle fût adjugée 143 000 € en novembre 2015. En témoigne également un dessin d’Henri Matisse retrouvé dans une maison de Sologne. Mais les acheteurs régionaux sont nombreux eux aussi. En effet, l’étude met un point d’honneur à apporter une connaissance et un service culturel, des petits plus bien appréciés par les enchérisseurs et qui fidélisent la clientèle.

La transmission d’un héritage familial sans (prix de) réserve

C’est au contact des salles des ventes qu’elle fréquentait avec plaisir les dimanches en accompagnant ses parents, que Maître Pousse-Cornet a développé son attirance pour le marché de l’art. Elle a, par la suite, réitéré cette expérience avec ses propres enfants. Sans jamais les obliger à se tourner vers ce métier de commissaire-priseur, ils rejoignirent spontanément Valoir. Amélie et Guillaume participaient, petits, aux ventes aux enchères de leur maman. De façon ludique, ils aidaient pour l’encaissement ou en présentant de petits objets pendant les sessions de vente. Après avoir fait tous deux une école de commerce, ils se sont tournés très naturellement vers l’étude familiale. Pour le plus grand plaisir de Maître Pousse-Cornet ! « Il est beaucoup plus facile d’échanger et de se dire les choses au quotidien qu’avec des personnes extérieures. Et la prise de décision est facilitée lorsqu’elle est concertée entre des personnes qui se connaissent aussi bien » nous confie Amélie Cornet. Amélie nous précise aussi que l’esprit familial de l’étude est apprécié par les clients. « Ils nous confient les objets avec plus de confiance lorsqu’ils connaissent le contexte ».

Femme commissaire-priseur : une main de fer dans un gant de velours

Marie Edith Pousse CornetC’est une joie pour Maître Pousse-Cornet de pouvoir transmettre cet héritage patrimonial. D’autant plus que les débuts n’ont pas été sans difficultés. Il a fallu que Marie-Edith commence tout d’abord par faire ses armes dans un milieu masculin. Diplômée en 1980, Maître Pousse-Cornet n’était que la 9ème femme commissaire-priseur en France ! Bien entendu, elle a dû essuyer beaucoup de réflexions d’hommes eux même commissaire-priseur. Ils jugeaient que ce n’était pas un métier de femme. A noter aussi les réactions de surprise de la part des clients lorsqu’ils rencontraient Maître Marie-Edith Pousse-Cornet pour la première fois, lors des estimations. Mais aujourd’hui les choses ont bien changé. Au fil du temps, Maître Pousse-Cornet s’est imposée avec une autorité naturelle, et a assis l’Empire de Valoir.

Le domaine des enchères s’étend aussi sur la toile

Question communication des sessions, les listes et catalogues de ventes sont diffusés sur Interenchères. L’étude utilise aussi Auction, et parfois le site de la Gazette Drouot pour les belles ventes. Valoir prévoit aussi quelques publicités papier dans la presse spécialisée, comme la Gazette de l’hôtel Drouot. Pour obtenir un maximum de visibilité, l’étude publie les résultats des adjudications sur les sites cités précédemment, ainsi que sur Artprice. AL. pousse cornet auctionlabLa présence de l’étude est, pour le moment, limitée sur les réseaux sociaux. En effet, le compte de l’étude est celui de Guillaume Cornet, le jeune commissaire-priseur. Il y poste systématiquement les annonces des belles ventes. Maître Pousse-Cornet estime, de son côté, que les réseaux sociaux peuvent permettre une ouverture vers un public plus jeune. « Il faut développer cela », nous dit-elle. Notre commissaire-priseur juge que les réseaux sociaux sont comme un joli reflet du métier de commissaire-priseur. « Les réseaux-sociaux, c’est comme le bouche-à-oreille, et c’est un peu ça dans notre métier ». C’est parfois au détour d’une conversation avec un amateur ou une connaissance, que l’on apprend qu’il y a un collectionneur qui cherche à vendre ou à acheter. Les réseaux sociaux sont bien maîtrisés par une génération de jeunes. Aux yeux de Maître Pousse-Cornet, c’est un outil qui pourrait être au service de différentes choses. La première, faire connaître réellement le métier de commissaire-priseur à tous. Notamment que l’on vend de tout en salle des ventes. Il y a des meubles et des objets d’occasions, à des prix toujours très intéressants.

Valoir ou l’anoblissement de l’art du XXème siècle

La connaissance du fonctionnement des salles de ventes semble aujourd’hui réservée à une clientèle d’âge mûr. Cela a quand même évolué ces dernières années, mais il y a encore un travail de communication à faire. De plus, on voit que l’Art du XXème siècle, autant en peinture qu’en mobilier, attire les jeunes. Les réseaux sociaux pourrait servir à « dépoussiérer un peu l’image des enchères », comme nous le précise Maître Pousse-Cornet. Pour répondre à cet engouement, l’étude organise justement à Orléans des ventes thématiques spécialisées en Art du XXème, notamment en art Africain. Ces ventes de prestiges sont accompagnées d’un catalogue illustré. De beaux résultats adoubent ces enchères. A noter par exemple l’adjudication à 130 000 €  pour le « Lapin agile » de Maurice de Vlaminck. Mais aussi un montant de 120 000 € pour une toile Georges Mathieu.

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