Maître Jérôme Duvillard, portrait du commissaire du 36 Quai des Enchères

Avec près de 120 ventes par an, Maître Jérôme Duvillard, commissaire-priseur à l’étude mâconnaise Le Quai des Enchères, mène un rythme qu’il qualifie de « très soutenu ». Passionné par le monde des enchères, il est diplômé depuis 1997, et exerce à Mâcon depuis 6 ans, à la fois en tant que commissaire-priseur judiciaire, que pour des ventes volontaires.

 

 

La salle des ventes de Mâcon : une malle aux trésors régionale

 

Les ventes de prestige, intitulées « Les Trésors du Quai », attirent bon nombre d’enchérisseurs, autant de la région, que de l’étranger. Français, anglais, autrichiens et polonais se disputent le marché. L’étude surfe sur la proximité viticole de la Bourgogne pour organiser des ventes spécialisées. Les amateurs de belles bouteilles sont aux rendez-vous. Le Quai des Enchères est également connu pour ses ventes de tableaux de toutes époques, durant lesquelles un public de proximité et de fidèles sont présents. Contigüe à ce marché qui se maintient et évolue à la hausse, Maître Duvillard organise aussi des ventes caritatives, « les enchères du coeur ».

 

 

Une communication sur le web et les réseaux sociaux comme vitrine de la maison de ventes

 

 

L’étude communique avec ses futurs acquéreurs via des publications presse dans les journaux locaux. Ouverte au moyens de communication du web, la maison de ventes mâconnaise publie les lots à vendre sur le site Interenchères. Elle utilise également très régulièrement le live de cette plateforme pour partager avec les enchérisseurs, où qu’ils soient, son dynamisme et sa passion des enchères.

 

Mais c’est  également au travers des réseaux sociaux que s’exprime Jérôme Duvillard. L’étude possède un compte tweeter @quaidesenchères. Le commissaire-priseur en personne tweet en présentant certains lots qui vont passer en vente, mais surtout les résultats d’adjudication. Ces derniers posts récoltant beaucoup de réactions de la part des followers, qui n’hésitent pas à retweeter et liker ces beaux résultats.

Maître Duvillard nous a confié avoir eu notamment plusieurs appels de vendeurs possédant une œuvre de Buffet, suite à l’adjudication exceptionnelle d’une toile « Le Clown » du même artiste sous son marteau. Sur Facebook, le compte personnel du commissaire-priseur s’est peu à peu transformé en page professionnelle de l’étude, mais reste un relais des publications Tweeter. Maître Duvillard reconnaît qu’il y a « un terrain à prendre ». Mais par manque de temps principalement, les publications ne sont pas aussi régulières qu’il le souhaiterait. Entre le fait de rassembler les lots, les mettre en valeur, organiser les ventes, « C’est sans cesse la course ! ».

 

Ce démarrage balbutiant sur les réseaux sociaux, au yeux de Maître Duvillard, s’explique également par une autre raison : un écart de génération. En effet, les personnes les plus actives sur les réseaux sociaux ne sont pas encore les clients actuels de l’étude : ils ne sont pas en âge d’hériter et d’investir. Il y a un décalage entre les enchérisseurs les plus fortunés avec les personnes les plus dynamiques des réseaux sociaux.

 

Pourtant, les followers sur les comptes Twitter et Facebook de l’étude sont de plus en plus nombreux. Une autre facette de Facebook est aussi utilisée par l’étude. En effet, certaines personnes contactent le commissaire-priseur via la messagerie de ce réseau social pour lui proposer des lots à vendre. Les réseaux sociaux, au sens de Maître Duvillard, permettent une visibilité globale de l’étude et joue le rôle de vitrine de la salle des ventes.

 

 

Portrait d’un justicier de l’image du commissaire-priseur

 

On ne peut dresser un portrait complet de notre commissaire-priseur sans évoquer une de ses investigation majeure. Maître Duvillard accorde beaucoup d’importance à la communication, au service d’une de ses préoccupations : rétablir la véritable image du commissaire-priseur, trop souvent distordue de la réalité.

En effet, beaucoup ont une vision de la vente aux enchères soit comme inaccessible, car composée juste d’objets de luxe. Ou, à l’opposé, l’image de la saisie judiciaire, empreinte, aux yeux des novices, d’un caractère tragique, sans jamais imaginer l’existence des ventes courantes qui s’adressent à tous.

« 90% des français n’ont jamais mis les pieds dans une salle des vente. Il faut les prendre par la main pour les initier, car ils pensent que les maisons de vente ne se trouvent qu’à Paris. Ils croient, à tort, que les ventes aux enchères ne sont réservées qu’au initiés et qu’il faut des passe-droit pour y accéder ! » s’exclame le commissaire-priseur.

 

 

Les ventes courantes : le grenier de la France

 

La scène du crime : les ventes courantes. Comme beaucoup d’études, Maître Duvillard en organise régulièrement, intitulées « les Greniers du Quai ». On y vend des objets et mobiliers à faibles prix, issus de particuliers ou d’inventaires – le commissaire-priseur en fait jusqu’à 20 par semaine. L’étude estime que 98 % du volume de vente correspond aux Greniers du Quai. «  Il y a un manque de communication d’ordre général au sujet des ventes courantes, il faudrait réellement rééduquer les gens à ce sujet ». En effet, peu de personnes, hormis les habitués, osent s’aventurer aux ventes aux enchères mâconnaises. « Les gens fréquente les trocs, Emmaüs, mais ne connaissent pas le fonctionnement des ventes courantes, pourtant c’est le quotidien de tous ». Maître Duvillard constate même que le principe des ventes aux enchères ne vont pas de paire avec la consommation de masse. En effet, la vente des lots à un horaire et une date précise, n’est pas réellement compatible avec une envie d’achat immédiat. Pourtant, notre commissaire-priseur prend l’exemple d’un étudiant qui peut espérer meubler son logement entièrement (mobilier, décoration, vaisselle, …)  pour moins de 500 euros. Un prix défiant toute concurrence !

 

 

 

Salle des ventes et salle des marchés, le commissaire-priseur est le trader des enchères !

 

 

Nombre de visiteurs méconnaissent ce métier pour une autre raison. « La communication des études de province n’est pas très bonne » élucide Jérôme Duvillard. En effet, avant, le marché des objets anciens était bon. Il y avait un réel « marché existant, local et de proximité », donc pas besoin de publicité. Aujourd’hui, nous explique le financier qu’est aussi Maître Duvillard, « les flux, les offres, les demandes et les courants sont chaotiques, donc il n’y a plus de marché. Tout se vend au même prix, il n’y a pas une réelle corrélation entre la qualité, la rareté, et tout ce qui peut différencier un lot d’un autre. Par conséquent, le marché se fait aujourd’hui avec le réseau de personnes que l’on connait, plus à la recherche d’un visage humain, une personne de référence et en qui ils ont confiance. » Ainsi, l’étude mâconnaise met un point d’honneur à proposer un service complet.

« On sait ce que l’on vend, on expertise, on rembourse si nécessaire ! »

 

 

 

Un constat alarmant de la part de Maître Duvillard, qui fait donc appel aux  moyens de communication les plus modernes pour expliquer à tous le jeu passionnant des enchères. Notre commissaire-priseur mène cette investigation avec ferveur, pour expliquer encore et toujours le métier de commissaire-priseur. Une activité qui fait réellement écho au quotidien de tous, et où vendeurs autant qu’acheteurs peuvent y trouver leur compte.

 

Jérôme Duvillard était l’un des protagonistes de l’émission Affaire Conclue sur France 2.  Il quitte le programme à la rentrée 2020 pour se consacrer uniquement à son étude.