[PORTRAIT] : Maxime Charron, l’expert aux oeufs d’or

Mise à jour 31 octobre 2023 par Redak

« Saviez-vous que près de 7 productions sur 10 d’oeufs de Fabergé sont fausses ? »

Non, nous ne le savions pas. Et nous séchons aussi à bien d’autres questions posées par notre interlocuteur. Entretien avec un marchand passionné et expert pour les ventes aux enchères en art russe et souvenirs historiques : Maxime Charron.

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Des salles des ventes à l’expertise : un parcours brillant

Après une licence en histoire de l’art, puis un master professionnel à l’école du Louvre, Maxime Charron clos son apprentissage par des stages dans des maisons de ventes prestigieuses, telles que Christie’s Paris et Londres. 

Il se rapproche par la suite de Drouot, par « envie de mieux connaître cet hôtel des ventes » nous explique-t-il. Il commence alors un stage chez Coutau-Bégarie, où il restera finalement pour y travailler pendant quelques années. Aux côtés de l’expert en art russe et souvenirs historiques Cyrille Boulay, Maxime Charron qui a « toujours été passionné par l’histoire », découvre alors ces deux spécialités, qui l’amènent à être aujourd’hui reconnu comme expert et a exercer pour les commissaires-priseurs dans une vingtaine d’études, tant à Paris qu’en province.

 

Dernièrement, Maxime Charron a exposé au Grand Palais, en tant que marchand, pour le salon des livres et objets d’arts, mais également en tant qu’expert.

 

Cet événement était organisé en partenariat avec la CNES, une des plus importantes chambre d’experts, dont Maxime Charron fait partie. Il y est élève-expert pour le moment, en attendant le rendu de son mémoire qui portera sur son domaine de prédilection : l’influence européenne sur l’orfèvrerie russe.

Royal Provenance : une vitrine éclatante

Parallèlement, Maxime exerce l’activité de marchand, notamment via son site internet « Royal Provenance ». C’est pour lui aussi une vitrine grâce à laquelle il s’est constitué, au fil des années, un réseau de client. Il envoie une newsletter mensuelle dans laquelle il propose à chaque fois un focus sur un nouvel objet. Son activité de marchand l’amène à être présent à plusieurs salons d’antiquaires dans l’année, dont celui de la Bastille deux fois par an.

 

L’expertise : un travail d’orfèvre

Passionné, le jeune expert nous parle avec entrain de ses connaissances et nous détaille avec précision sa spécialité : l’orfèvre russe Fabergé. Avec des mots justes et un ton pédagogique, il nous explique que l’artisan talentueux n’a pas réalisé que les célèbres œufs que nous connaissons.

Le mot orfèvrerie vient du latin aura et faber, ce qui veut dire “artisan de l’or”

oeuf Fabergé art russe Maxime Charron expert enchères auctionlabEn effet, l’artiste russe a aussi réalisé à la fin du XIXème, des objets du quotidien : cadres-photos, étuis à cigarettes, qu’il sublimait par des incrustations en argent, or et pierre précieuses russes, comme la malachite, l’Agathe et la néphrite (jade). Les Russes ayant immigrés en France après la Révolution de 1917, ils ont pris avec eux plusieurs petits objets précieux et transportables, ce qui explique aujourd’hui que l’on retrouve sur le marché français régulièrement ce type de pièces.

 

Maxime Charron évoque avec nous une de ses premières expertises d’objet exceptionnel : un œuf de Fabergé en porcelaine bleue, reposant sur une monture en argent réalisée par le célèbre orfèvre. Il fut vendu aux alentours de 25 000 € par l’étude Eiffel Auction au Meurice en 2015.

En complément de sa fonction d’expert et de marchand, plusieurs clients russes se réfèrent à Maxime Charron et son rôle de conseiller à l’achat. En effet, beaucoup de faux existent dans le marché de l’art russe, quasiment « 7 sur 10 objets » nous précise le jeune marchand. Ce sont autant des copies russes du 19ème, que des plus tardives, datant de l’époque soviétique, où certains avaient gardé les tampons d’origine, ayant pour conséquence une confusion dans la production.

L’oeil aiguisé de Maxime lui permet de reconnaître facilement une pièce authentique d’une fausse. « Fabergé est tellement parfait !  On le reconnaît grâce à la qualité et l’harmonie entre les couleurs, la forme et taille » précise-t-il.

 

Une exceptionnelle icône russe aux enchères

Le 7 juin prochain sera présenté à Drouot par l’étude Magnin-Wedry, avec laquelle Maxime Charron collabore pour 2 ventes annuelles, une icône russe : « Jésus et la Samaritaine ». Ses dimensions en font un objet de culte extraordinaire, puisqu’elle mesure 140 cm de haut, « habituellement elles sont plutôt aux alentours de 40 cm » nous précise l’expert, qui n’en a jamais vu une si grande. La provenance de cette icône la rend aussi exceptionnelle. Figure au dos l’adresse du peintre russe  Alexandre SÉRÉBRIAKOFF (1907-1994),  émigré à Paris. Une autre étiquette, celle de la galerie À la vieille Russie  est présente au dos de l’icône. Il s’agit de la galerie reconnue mondialement en art russe à Paris, qui a désormais une succursale à New York. Cette icône orthodoxe n’était pas apparue sur le marché depuis une cinquantaine d’années.

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Le marché de l’art russe : « certains collectionneurs sont prêts à se battre jusqu’à la déraison »

En 2016, lors de l’estimation des archives de Nicolas Roerich, un peintre russe, vendues par Drouot Estimations, « je les avais estimé 2000 / 3000 €. Elles ont finalement été adjugées 40 000 €. Deux collectionneurs se sont battus pour les obtenir. Les résultats de l’art russe ont parfois tendance à faire de gros écarts entre l’estimation et l’adjudication, car certains collectionneurs sont prêts à se battre jusqu’à la déraison. Passé un cap, ce n’est plus une question de prix, mais d’égo ».

Souhaitons alors de jolies surprises pour les lots 22, 69 et 80 de la prochaine vente à l’étude Magnin-Wedry !

Ventes aux enchères le 7 juin 2017 à 14h. Catalogue de vente : www. Magnin-Wedry.fr

 

Pauline Boddaert

Pauline Boddaert, originaire de Lille, a une carrière impressionnante dans le domaine de l'art et de la communication. Elle a débuté en tant que collaboratrice au cabinet d'expertise Plaisance, spécialisé dans les arts décoratifs du 20ème siècle pour l'étude Aguttes, où elle a travaillé pendant deux ans. Par la suite, elle a rejoint Ze Design Agency en tant que chef de projet pendant un an, avant de travailler comme assistante de galerie à la Galerie Michel Giraud pendant une année. En 2014, Pauline a fondé We Art Galerie à Lille, où elle a exercé en tant que CEO pendant près de cinq ans. Elle y a géré l'approvisionnement du stock, la force de vente, ainsi que les activités de marketing et de communication. Parallèlement, elle a été rédactrice en chef chez AuctionLab pendant deux ans et cinq mois, où elle s'est occupée de la rédaction d'articles sur le marché de l'art, du référencement, du community management, et du management en général. Pauline a également travaillé en tant que rédactrice en chef chez Bidtween pendant un an, où elle a mené des interviews de personnalités du marché de l'art et de la culture, animé des plateaux TV et géré les relations presse. Elle a ensuite rejoint MAY ASSOCIES, où elle a occupé le poste de directeur des communications marketing pendant trois ans et deux mois, et celui de clerc de commissaire-priseur pendant trois ans et un mois à Roubaix. Actuellement, Pauline est basée à Paris et travaille pour ARTCENTO en tant que directrice des opérations et attachée de presse depuis deux ans et trois mois. Elle est également journaliste spécialisée dans le marché de l'art pour Antiquités Brocante et Beaux Arts Magazine depuis cinq ans et trois mois. Avec une carrière aussi riche et diversifiée, Pauline Boddaert est sans aucun doute une figure emblématique dans le monde de l'art et de la communication en France.

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