Les dessins inédits du « Petit Prince » seront-ils rois aux enchères ?

Le petit Prince Saint Exupéry enchères Auctionlab

“Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent.”

C’est un véritable retour en enfance que propose la maison Artcurial avec la mise en vente, le 14 juin, d’un ensemble d’aquarelles et de dessins originaux d’Antoine de Saint Exupéry pour le Petit Prince.

 

Le personnage éponyme aux cheveux d’or réapparaît, à travers deux aquarelles qui ont illustré l’édition originale du Petit Prince, et une suite de 11 dessins préparatoires, tous légendés, qui portent la genèse de ce conte mythique.

Aquarelle sur feuille de papier pelure (27,8 x 21,4 cm) montée sur carton, estimée 110 000-140 000 €

Elle a servi à l’illustration en noir et blanc de la page 24 de l’édition originale. Elle fut peinte par Antoine de Saint-Exupéry pour illustrer le texte du chapitre VI que les éditeurs choisirent d’imprimer en partie sur le dessin lui-même, en supprimant pour ce faire trois morceaux du pourtour de la planète.

Le Petit Prince y est représenté assis sur une chaise, contemplant un soleil rougeoyant qui disparaît derrière des fleurs et des joncs.

Des aquarelles inédites que même l’éditeur Gallimard n’a pas eues en main

Les deux aquarelles proposées dans cette vente sont issues de la succession de Consuelo de Saint-Exupéry, l’épouse de l’écrivain. Ces oeuvres ont été réalisées à Eatons Neck (Northport, NY), à l’été-automne 1942. L’édition originale du « Petit prince » parut le 6 avril 1943. Gaston Gallimard réalisa la première édition française du Petit Prince en 1945 : il dut copier les illustrations des éditions américaines puisqu’il n’avait pas accès aux originaux restés outre-Atlantique auprès de Consuelo.

 

Aquarelle sur une feuille de papier pelure (27,8 x 21,4 cm) montée sur carton, estimée 92 000-110 000 €

Elle a servi à l’illustration de la page 71 de l’édition originale. Elle y est reproduite dans des couleurs différentes, ce qui laisse à penser que les éditeurs modifièrent ici  les coloris originaux de l’aquarelle, sans toucher au dessin.

Elle fut peinte par Antoine de Saint-Exupéry pour illustrer un passage situé plus en amont, au chapitre XX, au moment où le Petit Prince découvre amèrement « un jardin fleuri de roses » semblables à la sienne.  Puis il se dit encore « Je me croyais riche d’une fleur unique, et je ne possède qu’une rose ordinaire. Ça et mes trois volcans qui m’arrivent au genou, et dont l’un, peut-être, est éteint pour toujours, ça ne fait pas de moi un bien grand prince… » Et, couché dans l’herbe, il pleura.

« C’est véritablement utile puisque c’est joli » Antoine de Saint Éxupéry

    Alors qu’une étude récente montre que Le Petit Prince est le livre le plus traduit dans le monde, après la Bible et le Coran, Artcurial proposera aussi aux enchères une suite de 11 dessins préparatoires signés d’Antoine de Saint Exupéry. Ils proviennent directement de Silvia Hamilton, amie de cœur d’Antoine de Saint-Exupéry, rencontrée à New York à qui il les confia avant son départ. Elle les conserva jusqu’en 1976, année où ils prirent place dans une collection du sud-ouest de la France. C’est ainsi qu’ils furent confiés à l’étude Artcurial de Toulouse.

Cet ensemble est couronné par la dernière lettre de l’écrivain-pilote, écrite la veille de sa mort à son ami Pierre Dalloz, d’une superbe intensité dramatique. Elle se termine avec ces mots : “Si je suis descendu je ne regretterai absolument rien…Moi j’étais fait pour être jardinier.”

Suite de 11 dessins originaux réalisés à l’encre brune et au crayon noir sur 11 feuilles de papier pelure, 27,9 x 21,6 cm. Tous sont légendés par Saint-Exupéry et neuf d’entre eux sont numérotés.

L’ensemble est estimé  80 000-100 000 €.