Découverte exceptionnelle à Nantes : un dessin de Daniele da Volterra, élève de Michel-Ange, s’envole à 3,1 millions d’euros lors d’une vente à Paris.

Mise à jour 19 novembre 2025 par Redak

un dessin inédit attribué à un élève de michel-ange vendu 3,1 millions d’euros à paris

un trésor de la renaissance découvert par hasard dans une maison près de nantes

La découverte d’un dessin ancien dans une propriété de la région nantaise a provoqué une véritable onde de choc dans le monde de l’art. Un carton préparatoire d’une fresque romaine, attribué à Daniele da Volterra, élève et proche de Michel-Ange, a été adjugé à 3,1 millions d’euros, ce mercredi 19 novembre, lors d’une vente exceptionnelle organisée à l’hôtel Drouot, à Paris.

une œuvre longtemps restée dans l’anonymat

Le dessin, représentant la tête d’un jeune homme pensif à la chevelure bouclée, est un cartonetto de 40,5 x 28,2 cm réalisé à la pointe métallique et au crayon noir. Il s’agit d’une étude préparatoire pour la fresque de L’Assomption de la Vierge, réalisée vers 1553 dans la chapelle Della Rovere à la Trinité-des-Monts, à Rome.

Pendant des décennies, cette pièce unique avait été accrochée dans le bureau d’un particulier sans que personne ne soupçonne son origine prestigieuse. C’est au moment d’une succession familiale, qu’elle a été repérée parmi d’autres biens, notamment du mobilier design du XXe siècle.

le flair d’un commissaire-priseur

Paul-Marie Musnier, commissaire-priseur chez Millon Grand Ouest, se souvient parfaitement de ce moment. L’héritier venu faire estimer les biens de son grand-père lui avait simplement montré quelques clichés pris avec son téléphone. Son attention a tout de suite été captée par un dessin accroché au mur, qu’il a immédiatement reconnu comme étant de la main d’un artiste de la Renaissance.

« Mon regard a été attiré par ce travail au style si caractéristique », raconte-t-il. L’œuvre, présente dans la même famille depuis le milieu du XXe siècle, portait au dos une ancienne inscription attribuant la pièce à Andrea del Sarto. Une première piste trompeuse, mais prometteuse.

une attribution bouleversée par l’expertise

Le dessin a alors été confié au cabinet De Bayser, avant d’être étudié par l’historienne de l’art Vittoria Romani, spécialiste reconnue de Daniele da Volterra. C’est elle qui a identifié la pièce comme un cartonetto utilisé dans la réalisation de la fresque de L’Assomption. On y reconnaît sans doute Saint-Jean, figurant dans la partie inférieure centrale de la composition, juste sous la Vierge.

Ce personnage est d’ailleurs mal conservé dans la fresque finale, ce qui confère au dessin une valeur documentaire exceptionnelle, en plus de son intérêt artistique. La présence de perforations sur le carton atteste de son usage effectif : ces trous permettaient de transférer le dessin sur un carton grandeur nature, qui servait ensuite à la fresque murale.

une redécouverte qui éclaire l’œuvre de daniele da volterra

Daniele da Volterra, souvent éclipsé par la figure monumentale de Michel-Ange, se voit ici replacé au cœur de l’histoire de la Renaissance italienne. Cette commande prestigieuse de la chapelle Della Rovere à Rome était la plus importante de sa carrière, et ce dessin inédit vient enrichir la compréhension de son processus créatif.

Le catalogue de la maison Millon souligne à quel point cette découverte permet de mieux appréhender l’apparence d’un personnage clé de la composition, très altéré par le temps sur le mur de l’église. Il s’agit donc d’un témoignage rare de la genèse d’une œuvre majeure du XVIe siècle.

une mise à prix modeste, une vente record

Au départ, l’œuvre était estimée entre 400.000 et 500.000 euros. Mais les enchères se sont envolées. Face à plusieurs collectionneurs et institutions, la lutte a été intense, jusqu’à ce que le dessin soit adjugé à 3,1 millions d’euros, un prix record pour un carton de cette période.

Ce résultat spectaculaire contraste fortement avec la première estimation que le commissaire-priseur aurait pu envisager, lorsque l’œuvre était encore soupçonnée d’être une étude de Del Sarto, estimée alors à 15.000 euros à peine. Cette montée en puissance illustre l’impact décisif d’une attribution rigoureuse sur la valeur marchande d’une œuvre ancienne.

un trésor désormais immortalisé en fac-similé

Le détenteur initial de ce dessin n’en repart pas les mains vides. Bien que l’œuvre originale ait quitté son foyer nantais, il a choisi de faire encadrer un fac-similé du carton, qu’il a réinstallé au même endroit, dans son bureau. Un souvenir touchant de cette découverte inattendue, désormais entrée dans l’histoire du marché de l’art.

Entre hasard, passion et expertise, cette aventure met en lumière le rôle décisif des professionnels dans la réhabilitation d’œuvres oubliées. Un simple regard averti a suffi pour réveiller une pièce endormie depuis des décennies, et pour lui offrir une seconde vie, saluée par les enchères et la communauté scientifique.

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Marie

Je suis Marie Dupras, reconnue pour être l'élément le plus énergique de notre équipe. Passionnée par l'acquisition de nouvelles connaissances, je consacre mes week-ends à explorer les musées et à participer fréquemment à des ventes aux enchères. Mon petit défaut ? Je ne résiste pas à l'envie d'acheter, mais cela s'accompagne d'un talent pour la recherche approfondie et la narration captivante d'histoires enrichies de conseils d'experte.

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