Mise à jour 8 mai 2023 par Redak
Une œuvre d’art polémique de l’artiste suisse Miriam Cahn, exposée au Palais de Tokyo depuis mi-février, a été vandalisée dimanche dernier par une personne agissant seule. Le musée a annoncé qu’il porterait plainte et a reçu le soutien de la ministre de la Culture.
Contexte de l’œuvre controversée
The auctionlab
L’œuvre en question, intitulée “Fuck abstraction !”, représente une personne aux mains liées, contrainte à une fellation par un homme puissant sans visage. Pour certains détracteurs, la victime serait un enfant, ce que l’artiste nie fermement. Cahn explique que son œuvre représente le viol comme arme de guerre et crime contre l’humanité.
Plusieurs associations, dont Juristes pour l’enfance, l’Enfance en partage, Face à l’inceste et Innocence en danger, ont considéré le tableau comme pédopornographique et ont réclamé son retrait. Cependant, le tribunal administratif de Paris et le Conseil d’État les ont déboutées au printemps.
Le vandalisme de l’œuvre
Dimanche à 15h30, un homme a délibérément dégradé l’œuvre en y projetant de la peinture mauve, malgré un dispositif de médiation et de sécurité en place. Selon une source proche du dossier, l’individu, une personne âgée, était mécontent de la mise en scène sexuelle d’un enfant et d’un adulte représentés selon lui sur le tableau. Toutefois, il ne ferait pas partie d’un groupe activiste.
L’homme a été immédiatement appréhendé par les agents de sécurité et emmené par la police. Le centre d’art contemporain portera plainte pour dégradation de bien et entrave à la liberté d’expression.
Réaction de la ministre de la Culture
La ministre de la Culture Rima Abdul Malak a rappelé que la justice avait confirmé que le tableau pouvait être présenté au public dans son contexte actuel Elle a également dénoncé l’instrumentalisation de l’œuvre par le Rassemblement National pour susciter la polémique et attaquer la liberté de création des artistes Selon elle, sans cette instrumentalisation, cette situation n’aurait pas eu lieu.
Position du Palais de Tokyo
Guillaume Désanges, président du Palais de Tokyo, a exprimé son regret face aux conséquences extrêmes de cette polémique. Il a réaffirmé son soutien à l’art et à l’artiste, ajoutant que le Palais de Tokyo continuerait de présenter le tableau et l’exposition, qui a déjà attiré 80 000 visiteurs, avec les traces de la dégradation jusqu’à la fin de la saison prévue le 14 mai.
La dégradation de l’œuvre controversée de Miriam Cahn au Palais de Tokyo soulève un débat houleux autour de la liberté d’expression et de la création artistique. La décision du Palais de Tokyo de maintenir l’exposition malgré les dégradations témoigne de la volonté de soutenir l’art et les artistes face aux controverses. La réaction de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, montre également l’importance de préserver la liberté de création et d’expression, tout en condamnant les actes de vandalisme. L’affaire met en lumière les tensions et les débats qui peuvent surgir autour de certaines œuvres d’art et souligne l’importance de respecter les droits des artistes à s’exprimer librement.
L’artiste a demandé à ce que son tableau demeure accroché jusqu’à la fermeture de l’exposition, dimanche 14 mai.
