Mise à jour 5 juin 2024 par Redak
Vous savez ce qui me fascine dans le monde de la haute couture ? Ce n’est pas les robes à mille paillettes ou les défilés interminables où même les chihuahuas sont habillés en Prada. Non, ce qui m’épate vraiment, c’est cette capacité inouïe qu’a la mode de transformer tout en spectacle digne des plus grands drames shakespearien. Prenez par exemple, la nouvelle série de Disney+, “Becoming Karl Lagerfeld”. Ah, le Kaiser de la mode, cet homme mystérieux derrière ses lunettes noires, qui aurait probablement réussi à vendre un sac plastique griffé Chanel à 2000 euros, juste en prononçant quelques mots en allemand.
Adaptée de la biographie “Kaiser Karl” de Raphaëlle Bacqué, cette série en six épisodes nous plonge dans les débuts de Lagerfeld à Paris dans les années 70. Imaginez-le, Karl, sans son célèbre catogan, arpentant les rues de Paris comme un mercenaire du prêt-à-porter. Une époque où il se liait avec Gaby Aghion, fondatrice de Chloé, et rivalisait avec Yves Saint Laurent, protégé de Pierre Bergé. Et bien sûr, sa relation tumultueuse avec Jacques de Bascher, le dandy ultime et grand amour de sa vie. Un vrai soap opera, avec des tenues plus extravagantes que celles de Dynasty.
Mais soyons honnêtes une minute. Le monde de la haute couture, c’est un peu comme l’univers de Harry Potter, mais avec moins de magie et plus de snobisme. Daniel Brühl, qui incarne Lagerfeld, parle de son personnage comme d’un “matador”. Oui, parce que porter des talons aiguilles vous prépare vraiment à affronter un taureau de 600 kilos. Rien que ça, c’est déjà une image assez cocasse.
Alors, pourquoi cette fascination pour un monde si loin de notre quotidien ? Peut-être parce que, comme le dit Alex Lutz, on est à une époque où “la mode est un patrimoine”. C’est vrai, qui ne voudrait pas regarder en arrière et se perdre dans le glamour, les drames et la prétention d’une époque révolue ? Sauf que tout ce battage médiatique, ce glamour et cette vacuité font aussi partie du charme “malsain” de la mode, comme le souligne si bien Daniel Brühl. C’est un monde où les apparences règnent en maîtres, où la réalité est soigneusement dissimulée derrière des rideaux de velours.
Alors, que faire de tout ça ? Peut-être qu’il est temps de réinventer notre vision de la mode. De la voir non pas comme un sommet inaccessible de perfection inhumaine, mais comme une forme d’art accessible à tous. Une mode qui célèbre la diversité, qui ose la simplicité et qui embrasse l’authenticité. Finies les tenues inconfortables et les talons de 15 centimètres. Vive les baskets et les vêtements dans lesquels on peut vraiment vivre, aimer, et, soyons fous, respirer.
En fin de compte, la mode devrait être une expression de soi, pas une cage dorée. Peut-être que Karl Lagerfeld lui-même aurait apprécié cette idée, lui qui a toujours cultivé le mystère et la singularité. Alors, la prochaine fois que vous regarderez “Becoming Karl Lagerfeld”, faites-le avec un sourire ironique et une pointe de cynisme. Parce que dans ce monde de paillettes et de drame, un peu d’humour est toujours de mise.
