Le goût de Marie-Antoinette pour les diamants est connu par les historiens et passé à la postérité, en témoigne l’ « affaire du collier ». Connue pour son extravagance et le faste de sa cour, la Reine est aussi souvent représentée portant des perles. Symbole de richesse et de statut social depuis des temps immémoriaux, les perles naturelles étaient très prisées des familles royales européennes au XVIII ème siècle.

bijoux marie antoinette aux enchères

Portrait de Marie-Antoinette à la rose, 1783, par Elisabeth Vigée Le Brun (1755–1842)

L'affaire du collier (1785-1786)

L’origine de l’affaire est une escroquerie montée par une aventurière, la comtesse de la Motte la Cour, qui réussit à convaincre le cardinal de Rohan tombé en disgrâce, qu’elle peut le réconcilier avec Marie-Antoinette. Elle lui ménage une entrevue nocturne avec une comparse, Mlle d’Oliva, que le cardinal prend pour la reine. Puis elle le persuade qu’il consoliderait sa rentrée en grâce en servant d’intermédiaire pour l’achat d’un collier de diamants de 1 600 000 livres, prétendument désiré par la reine. Le cardinal achète à crédit le collier aux joailliers de la Cour, sur la garantie d’une signature contrefaite de Marie-Antoinette, puis le remet à un pseudo-officier de la reine, complice de Mme de La Motte. Devant l’incapacité du cardinal à payer la première traite, les joailliers s’adressent directement à la reine, et l’escroquerie est découverte.

Louis XVI fait embastiller le cardinal et porte l’affaire devant le parlement de Paris. D’emblée, l’opinion se tourne contre la reine, contre le luxe et le gaspillage de la Cour. Les aristocrates font bloc derrière Rohan et feignent de considérer qu’en jugeant l’un d’entre eux la royauté fait leur procès à eux tous. Le jugement acquitte le cardinal. Calomniée, bien qu’étrangère à l’affaire, Marie-Antoinette et avec elle la Cour virent redoubler leur impopularité.

Un ensemble de bijoux de Marie-Antoinette jamais vu en public

À l’automne prochain, c’est à Genève que Sotheby’s présente un ensemble époustouflant de bijoux de la Reine de France, jamais vu en public depuis deux siècles.

Parmi les lots phares de la collection Bourbon-Parme proposée aux enchères par la maison de ventes figurent un superbe pendant en diamants avec une perle naturelle d’une taille exceptionnelle (26 mm x 18 mm) (est. 1-2 millions $), une paire de pendants d’oreilles (est. 30 000 – 50 000 $) ainsi qu’un collier composé de plus de 300 perles naturelles (est. 200 000-300 000 $).

pendant diamant

A stunning diamond pendant, supporting a natural pearl of exceptional size. Estimate: $ 1-2 millions

Des bijoux rescapés : une histoire extraordinaire

En mars 1791, Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants s’apprêtent à fuir la France. Dans ses mémoires, Madame Campan, première femme de chambre de la reine raconte qu’elle a passé une soirée entière au Palais des Tuileries avec la reine à emballer les bijoux de cette dernière dans du coton avant de les placer dans un coffre en bois. Les jours qui suivent les bijoux sont envoyés à Bruxelles où règne la sœur de la reine, Marie-Christine et où demeure le Comte Mercy Argentau, ancien Ambassadeur d’Autriche à Paris et homme de confiance de Marie-Antoinette. C’est ce dernier qui les réceptionnera et les remettra à l’Empereur d’Autriche, neveu de Marie-Antoinette.

Au mois d’août 1792, la famille royale de France est emprisonnée à la Prison du Temple. Louis XVI et Marie-Antoinette sont guillotinés en 1793 et leur fils,

Louis XVII meurt en captivité à l’âge de dix ans. Seule rescapée, leur fille Marie-Thérèse de France (1778-1851), « Madame Royale » est libérée en décembre 1795 après trois ans d’isolement total. Après avoir découvert le sort de sa mère et de son jeune frère, elle est envoyée en Autriche. A son arrivée à Vienne, l’empereur lui remet les bijoux de sa mère. Sans enfant, elle léguera une partie de ses bijoux à sa nièce et fille adoptive Louise de France (1819-1864), Duchesse de Parme et petite-fille du roi Charles X (1757-1836), qui à son tour, les transmettra à son fils, Robert I (1848-1907), dernier Duc de Parme régnant.

collier de Marie-Antoinette

A fabulous necklace featuring 331 natural pearls. Estimate: $ 200,000 – 300,000

pendants d'oreille Reine

A pair of natural pearl drops. Estimate: $ 30,000 – 50,000

Une des plus importantes collections de bijoux royaux jamais mises en vente

C’est l’une des plus importantes collections de bijoux royaux jamais mises en vente proposée par la maison de vente anglo-saxone le 12 novembre prochain. Intitulée « Bijoux royaux de la collection Bourbon-Parme », la vente retrace en fait des siècles d’histoire.

En plus des bijoux de Marie-Antoinette, la vacation regroupe la collection Bourbon-Parme, qui comprend également plusieurs bijoux jouissant de multiples provenances royales qui montrent comment les pierres de la famille furent, au gré des générations, remontées dans différents bijoux. Destinée à Louise de France (1819-1864), petite-fille de Charles X, roi de France, et mère de Robert I, Duc de Parme, une époustouflante parure composée de 95 diamants compte ainsi cinq diamants solitaires ayant appartenu à Marie-Antoinette, plusieurs pierres ayant orné l’épée du Duc de Berry, fils de Charles X et père de Louise (assassiné par un bonapartiste en 1820), ainsi qu’un large diamant taille poire provenant de la collection de l’Archiduchesse Isabelle d’Autriche, Princesse de Croÿ (1856-1931) (est. 300 000-500 000 $).

parure Marie-Antoinette

A breath-taking diamond parure composed of 95 diamonds. Includes five solitaire diamonds that belonged to Marie-Antoinette. Estimate: $ 300,000 – 500,000

Les lots phares de la collection seront présentés la semaine prochaine à Milan et sera suivie d’une tournée internationales.

MILAN 27 juin 2018

MUNICH 18 Septembre 2018

COLOGNE 21 Septembre 2018

Les bijoux seront aussi exposés à Londres, New York, Hong Kong et Genève cet automne par Sotheby’s