Mise à jour 27 janvier 2023 par Redak
Couleurs éclatantes, perspectives inversées… Le musée Granet d’Aix-en-Provence expose à partir de samedi des centaines d’œuvres de David Hockney, dont certaines inédites en France, dans une rétrospective sur la carrière de l’un des artistes vivants les plus cotés au monde.
Initialement prévue à l’été 2021, l’exposition avait été repoussée à cause de la pandémie de Covid, le musée souhaitant qu’elle puisse “avoir le retentissement qu’elle mérite”, explique Bruno Ely, conservateur en chef.
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Les œuvres viennent principalement de la collection de la Tate, réseau de quatre grands musées britanniques. Elles pourront être admirées pendant quatre mois, après une tournée européenne qui les a déjà menées à Bruxelles, Vienne et Lucerne (Suisse).
L’exposition commence dans l’escalier du musée, recouvert d’une chronologie inversée de la vie de David Hockney: de son installation en Normandie en 2019 jusqu’à sa naissance en 1937 à Bradford, au Royaume-Uni.
A l’étage, le visiteur est plongé dans les premières peintures et gravures de l’artiste, au début des années 1960.
“A cette époque, Hockney a du mal à s’inscrire dans les œuvres contemporaines”, ne faisant pas d’art abstrait, qui est la tendance dominante, raconte Bruno Ely.
Hockney évoque notamment son homosexualité, encore interdite par la loi au Royaume-Uni. D’abord de manière cryptée, par des morceaux de citations trouvées dans des toilettes publiques, puis en représentant des hommes nus.
On plonge ensuite au milieu des années 1960, lorsque Hockney s’installe à Los Angeles et découvre du ciel des “haricots bleus innombrables”: les piscines, dont le jeu de transparence “le fascine”, selon M. Ely.
En 2018, l’une de ses piscines deviendra le tableau le plus cher d’un artiste vivant: “Portrait of an Artist (Pool with two figures)”, qui représente un homme observant du bord un autre sous l’eau, est adjugé à plus de 90 millions de dollars.
L’exposition suit l’évolution des techniques de Hockney, des portraits naturalistes aux natures mortes aux formes étranges, car les perspectives sont inversées, puis s’essaie au dessin photographique ou à l’iPad.
Et si l’on croit apercevoir un peu de Picasso ou de Bacon dans certains tableaux, la dernière salle est consacrée à deux autres de ses grands “maîtres” ayant vécu en Provence. Y sont présentés deux œuvres hommages encore jamais vues en France: une version des “Joueurs de cartes” de Cézanne (1839-1906) par Hockney et une autre de la “Chaise” de Van Gogh (1853-1890).
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