Mise à jour 11 janvier 2024 par Redak
“De Madrid à Caracas : L’Odyssée Artistique des Ménines par Antonio Azzato”
Dans un tourbillon de couleurs et de créativité, les célèbres Ménines de Velázquez, qui ont marqué l’histoire de l’art au XVIIe siècle, franchissent aujourd’hui les murs du musée du Prado pour animer les rues de Caracas. Grâce au talent de l’artiste Antonio Azzato, ces icônes de la cour royale espagnole se métamorphosent en sculptures vibrantes, imprégnées de l’essence vénézuélienne.
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Cette initiative, baptisée “Meninas Caracas Gallery”, fait suite au succès de “Meninas Madrid Gallery”, où les rues de la capitale espagnole furent jadis égayées par ces représentations artistiques. Chaque pièce, unique en son genre, se pare de thèmes vénézuéliens, offrant ainsi un nouveau visage à ces figures historiques.
Parmi ces œuvres, on trouve une ménine honorant le Salto Angel, la plus haute chute d’eau du monde située dans le sud-est du Venezuela. D’autres sculptures symbolisent des aspects cruciaux de l’économie vénézuélienne, comme un derrick de pétrole ou encore une barrique de rhum.
Antonio Azzato, ému par l’impact profond des Ménines de Velázquez sur les visiteurs du musée du Prado, a été inspiré pour poursuivre et réinterpréter l’œuvre du maître espagnol. “Velázquez était un génie, capturant ce que nous ne voyons pas : l’âme et l’air…”, confie Azzato, soulignant son désir de transmettre un message à travers son art.
Pour y parvenir, Azzato crée des sculptures vierges à la silhouette de Las Meninas, invitant d’autres artistes à les embellir. Cette démarche vise à rapprocher l’art des gens, leur permettant de se connecter de manière unique à ces œuvres historiques.
La contribution d’autres artistes vénézuéliens est également remarquable, avec cinq sculptures illustrant des célébrités nationales telles que le musicien Oscar De Leon, les joueurs de baseball Gleyber Torres et Ronald Acuña, la footballeuse Deyna Castellanos, et le designer Angel Sanchez.
Pour Azzato, vénézuélien d’origine espagnole et italienne, cette exposition représente un retour symbolique à ses racines. Il évoque la richesse amenée par la découverte de l’Amérique, qui a contribué à l’éclat du “Siècle d’or espagnol”, période durant laquelle Les Ménines ont été créées.
L’exposition, d’une durée de deux mois, se conclura par une vente aux enchères de cinq sculptures, dont les bénéfices seront reversés à des ONG luttant contre la grave crise économique du Venezuela.
L’art investit ainsi l’espace public, suscitant admiration et émerveillement chez les passants. Maria Auxiliadora Varela, une gestionnaire de 47 ans, exprime sa gratitude pour cet apport culturel dans la ville de Caracas, tandis que Mirega Rojas, étudiante de 20 ans, se dit fascinée par ces œuvres accessibles et gratuites.
En définitive, “Meninas Caracas Gallery” ne se contente pas de réinterpréter l’art, mais crée un pont culturel entre le passé et le présent, l’Europe et l’Amérique, l’art et le public. Comme le conclut Antonio Azzato : “L’art est pour tous”.
Avec Patrick Fort pour l’AFP
