La vente aux enchères de 83 objets préhispaniques a eu lieu à Paris malgré les protestations du Mexique

Mise à jour 6 avril 2023 par Redak

La demande du gouvernement mexicain avait été faite

Le gouvernement mexicain avait officiellement demandé l’arrêt de la vente aux enchères de 83 pièces préhispaniques qui a eu lieu le 3 avril à Paris, en France. Cette demande était intervenue après que les autorités mexicaines avaient identifié ces pièces comme faisant partie du patrimoine culturel du pays.

La provenance des objets d’art et la vente aux enchères

L’institution mexicaine responsable de la protection et de la promotion du patrimoine culturel, l’INAH (Institut National d’Anthropologie et d’Histoire), avait déclaré que les objets en question provenaient de différentes cultures préhispaniques du Mexique, notamment les cultures maya, olmèque et toltèque. Les autorités affirmaient que ces objets avaient été illégalement sortis du pays et qu’ils devraient être restitués.

La boutique
The auctionlab
Entrez par ici
mobilier design occasion Auctionlab

La vente aux enchères avait été organisée par la maison de vente française Millon. Lors de cette vente, le commissaire-priseur Alexandre Millon avait prononcé un discours sur la disparition du marché de l’art précolombien :

“Je ne devrais pas dire ce que je m’apprête à vous dire Avant une vente. Mais avant celle-ci, mon aveu, celui de notre expert, l’aveu de Romain Béot le chef du département prend son sens et son amertume.

Vous allez peut-être assister à l’une des dernières ventes d’Art précolombien sur le sol Européen. On parle de l’extinction d’un marché.

Non pas parce que cet Art si lumineux, si intense et si riche n’a plus sa place sur le marché de l’Art. Non pas parce que les collections en mains privées auraient disparu. Non pas parce que la mode aurait changé. Non pas parce que les amateurs manqueraient de passion face à ses objets magiques. Regardez la qualité de ce qui vous entoure !

Non pas même parce que les lois qui garantissent l’existence de ce marché et des enchères ne seraient pas suffisamment strictes. Surement pas ! Ces lois et conventions existent bel et bien. Et cette vente comme les autres les respectent à la lettre.

Mais ce marché est attaqué ! Disons les mots ! Il est attaqué de toutes parts par ceux-là même qui ont signé les conventions !

Les départements d’Art Précolombien des Maisons de ventes ferment les uns après les autres ! Et les prix chutent ! Oui disons-le, sous les coups de butoirs des lettres d’ambassades qui sapent les passions des professionnels et des collectionneurs !

Peut-on vraiment se résoudre à ce que cet Art Solaire n’ait plus qu’une seule destination ? Les murs payant et sombres des musées nationaux et…. Que cet Art millénaire cesse soudain d’être un phare culturel mondial alors qu’il est le meilleur ambassadeur culturel des grandes civilisations qu’il incarne.

Peut-on vraiment se résoudre à ne plus voire un jour ces objets

délivrer leur secret dans l’intimité d’une collection privée ? Alors quoi ! Collectionner deviendrait illégal ? Notre Département résiste. La loi reste le garant des enchères ! Mais nous assistons au duel inédit de la lumière contre les ténèbres. Les demandes de restitution aveugles ne peuvent s’opposer à la clarté d’une propriété privée ancienne et prouvée. Faire taire la transparence des ventes publiques, c’est tuer un marché règlementé et tuer un marché c’est empêcher de mettre à jour de nouveaux trésors qui à coup sûr s’en iront rejoindre un autre marché… Noir celui-là.”

Appel à la coopération entre la France et le Mexique

Le gouvernement mexicain avait demandé à la France de coopérer pour mettre un terme à cette vente et de travailler ensemble à la restitution des pièces en question. Le ministère des Affaires étrangères mexicain avait également envoyé une lettre au gouvernement français pour exprimer son mécontentement face à cette situation et demander une intervention immédiate afin de protéger le patrimoine culturel mexicain.

Les enjeux de la protection du patrimoine culturel

Cette demande survient dans un contexte où plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Mexique, ont exprimé leur préoccupation face à la dispersion de leur patrimoine culturel à travers le monde. La restitution des objets d’art et le respect du patrimoine culturel sont des questions essentielles pour garantir la préservation des cultures anciennes et la transmission de leur histoire aux générations futures.

Vers une résolution et une coopération renforcée

Malgré les protestations du Mexique, la vente aux enchères a finalement eu lieu. La communauté internationale observe avec attention l’évolution de cette situation, qui pourrait avoir des répercussions sur la manière dont les objets d’art et le patrimoine culturel sont gérés et protégés à l’échelle mondiale. La résolution de ce conflit pourrait également renforcer les liens entre le Mexique et la France, en démontrant la volonté des deux pays à collaborer pour la protection du patrimoine culturel.

L’importance de la coopération internationale et des conventions

Il est crucial que les gouvernements et les organisations internationales unissent leurs efforts pour mettre en place des mécanismes efficaces permettant de lutter contre le trafic illicite d’objets d’art et d’assurer la restitution des biens culturels aux pays d’origine. La Convention de l’UNESCO de 1970 sur les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels constitue un cadre juridique important pour la coopération internationale. un modèle pour la protection du patrimoine culturel mondial

En conclusion, la vente aux enchères des 83 pièces préhispaniques à Paris met en lumière les défis auxquels les nations sont confrontées pour protéger et préserver leur patrimoine culturel. La résolution de cette affaire pourrait servir de modèle pour une coopération future entre les pays et contribuer à renforcer la protection du patrimoine culturel mondial pour les générations à venir

La maison de ventes aux enchères Millon : expertise, professionnalisme et éthique

La maison de ventes aux enchères Millon a su s’imposer dans le secteur grâce à son expertise et son professionnalisme reconnus. Toutefois, elle n’a jamais négligé les questions éthiques liées à la provenance des objets mis en vente. Dans cet esprit, Millon a toujours veillé à mener son travail dans les règles de l’art, notamment en protégeant le patrimoine culturel de différents pays en le faisant circuler à travers le monde grâce aux collectionneurs privés. Millon est particulièrement fier d’avoir contribué, à travers ses ventes aux enchères, à la promotion des cultures préhispaniques en France, mais également à l’international. En effet, la maison de vente a eu l’opportunité de mettre en vente des objets rares et précieux, tout en assurant une traçabilité rigoureuse de leur provenance. De cette manière, Millon est convaincue que la mise en lumière de ces cultures ancestrales contribue à leur préservation et à leur diffusion auprès d’un public toujours plus large.

[themoneytizer id=”101339-16″]

 

Damien

Je suis Damien Lagrange, auteur pour AuctionLab. Titulaire d'un diplôme en journalisme obtenu à Londres, je nourris une passion pour l'art et les ventes aux enchères depuis plus de dix ans. Intégré à l'équipe éditoriale d'AuctionLab depuis 2017, je prends plaisir à explorer les archives des maisons de vente aux enchères, cherchant à découvrir les histoires cachées derrière les objets proposés.

Tous les articles de l’auteur