Rodin : d’augustes œuvres aux enchères

Le centenaire de la mort d’Auguste Rodin (1840-1917) laisse place à de nombreuses célébrations de l’art de ce grand sculpteur. Une exposition rétrospective ouvrira ses portes au Grand Palais parisien du 22 mars au 31 juillet 2017.

 

La première version de l’ « Eternel Printemps » en vente à Drouot

 

Parallèlement à cette rétrospective, le marché de l’art voit lui aussi fleurir des œuvres de l’artiste aux enchères. Le bal des enchères débutera le 22 mars avec l’ « Eternel Printemps » mis en vente par l’étude Fraysse et associés. Il existe deux états ou versions de cette œuvre de Rodin. Une première conçue vers 1884 et une seconde en 1898. Cette épreuve appartient au premier état, fondu à une dizaine d’exemplaires par Griffoul et Lorge avant 1900 ; le Comité Rodin a indiqué que cette épreuve avait probablement été fondue entre 1887 et 1894. (Estimation : 800 000/1 000 000 €)

 

 

 

Le Baiser de Rodin embras(s)era-t-il les enchères ?

La maison de ventes Drouot Estimations proposera à l’encan une version du Baiser de Rodin le 31 mars. Symbole de l’amour éternel, Le Baiser représentait – Paolo et Francesca – deux personnages empruntés à La Divine Comédie, poème de Dante Alighieri (1265-1321).

Le Baiser dans sa taille originale (85,5 cm) date des années 1882 et était destiné au centre du vantail gauche de la Porte de l’Enfer. Finalement, le sculpteur décida d’en faire une oeuvre autonome, exposée pour la première fois en 1887, et qui obtient immédiatement le succès qu’on lui connait aujourd’hui.

Un contrat en date du 6 juillet 1898 liait, pour une durée de 20 ans, Émile Leblanc-Barbedienne et Auguste Rodin pour la diffusion du Baiser stipulant que:

« Monsieur Rodin s’engage à livrer à M. Leblanc-Barbedienne un exemplaire en plâtre de chacune des statues «Le Baiser»… dans la grandeur originale afin que M. Leblanc-Barbedienne puisse en faire les réductions dans toutes les dimensions qu’il jugera propres au commerce. Ces réductions seront exécutées sous la surveillance de M. Rodin et acceptées par lui. »

La maison Leblanc Barbedienne a édité ce Baiser en quatre dimensions: Réduction N° 1: 71,1 cm (éditée à 49 exemplaires), Réduction N° 2: 25,7 cm (éditée à 69 exemplaires), la réduction N° 3, présentée lors de cette vente aux enchères: 40 cm (éditée à 108 exemplaires) et la Réduction N° 4: 60,2 cm (éditée à 103 exemplaires).

Cette épreuve en bronze patiné, signée, est conforme en tous points au chef modèle de 1901, conservé au Musée Rodin sous la référence S.2061.

 

Un trésor en marbre de Rodin retrouvé par Artcurial

 

Le 30 mai prochain, Artcurial proposera aux enchères Andromède, un rare marbre de Rodin à l’histoire exceptionnelle. L’œuvre, longtemps considérée perdue, a été conservée par la même famille pendant 130 ans.

En 1888, le diplomate chilien Carlos Morla Vicuña demande à Auguste Rodin de réaliser en marbre le buste de sa jeune épouse, Luisa. La sculpture est exposée la même année au Salon annuel National des Beaux-Arts à Paris. Elle emporte un tel succès que l’État français souhaite s’en porter acquéreur pour le Musée du Luxembourg. Carlos Morla Vicuna accepte de céder le buste de son épouse par amitié pour la France. Il figure aujourd’hui dans les collections du Musée d’Orsay. En remerciement de ce geste, Auguste Rodin offrit au couple chilien amis des arts Andromède (1887), un marbre blanc représentant une jeune femme nue repliée sur un rocher, un des plus beaux exemples d’une transposition moderne et sensuelle d’un mythe antique dans l’oeuvre de Rodin. L’exemplaire des Morla est le plus achevé dans sa transcription naturaliste.

Dans les années 1930, Georges Grappe, premier conservateur du Musée Rodin, signale la sculpture comme étant sans doute encore dans la famille Morla. Depuis, on en avait perdu la trace. Transmise de génération en génération, celle-ci était restée au sein de la même famille jusqu’à sa redécouverte en 2017 par la maison de vente.

Trois des cinq autres exemplaires de cette oeuvre sont actuellement conservés au sein d’institutions muséales tels que le Rodin Museum de Philadelphie, le Musée Rodin à Paris et le Musée National des Beaux-Arts de Buenos Aires.

“La redécouverte de ce marbre de Rodin, 130 ans après sa création, est un événement! Dans les années 1930, Georges Grappe, premier conservateur du Musée Rodin, émettait l’hypothèse qu’Andromède serait sans aucun doute encore dans les mains de la famille Morla mais sans certitudes. Depuis, on en avait perdu la trace…” réagit Bruno Jaubert, Directeur associé du Département Art Moderne de chez Artcurial.

-Collection de Mr et Mme R et a divers – tableaux, mobilier et objets d’art chez Fraysse & Associés le mercredi 22 mars 2017 à 14h30 en Salle 13 à Drouot :

http://catalogue.gazette-drouot.com/html/d/index.jsp?id=81512

– Vente Classique chez Drouot Estimations le vendredi 31 mars à 14h00 en Salle 6 – Drouot :

http://catalogue.drouot.com/html/d/fiche.jsp?id=6976808&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=2&aff=1&r=

 

Expositions chez Artcurial :

Du 18 au 28 mars 2017, et du 26 au 30 mai 2017, à Paris

Du 20 au 22 avril 2017, à Bruxelles

Du 27 au 28 avril 2017, à Vienne

Du 4 au 6 mai 2017, à Milan

 

Copyright :
-Copyright Fraysse et associés pour le bronze en vente le 22/3
-c/Drouot-Estimations-Studio Philippe Sebert : pour le bronze en vente le 31/3 par Drouot Estimation
-Copyright Artcurial pour le marbre en vente en mai