: L’american way of life à Paris

POp Art Musée MAillol Lichtenstein

C’est toute l’Amérique qui vient à nous ce trimestre. Alors que la Fondation Louis Vuitton expose le MoMA, le Whitney Museum of American Art prend d’assaut le musée Maillol. Le Pop art a une place de choix dans cette collection riche des oeuvres d’après-guerre, Soixante cinq de ces pièces y sont exposées jusqu’au 21 janvier. Certaines têtes d’affiche se retrouvent aussi en salle des ventes.

Promenade au fil du Pop art et des artistes qui le composent.

La naissance du Pop art

C’est aux USA qu’il faut se rendre pour comprendre où le Pop art puise son inspiration. L’après-guerre est bénéfique à l’Amérique qui connait alors la croissance économique, et avec elle l’émergence de la société de consommation. Mais c’est aussi en réaction à l’expressionnisme abstrait de Pollock ou Kooning que se développe ce courant. D’ailleurs, pour ironiser les courants de l’histoire de l’art, les « -ismes » (expressionnisme, cubisme, réalisme …), Andy Warhol baptise le courant « Popisme ». 

Pourtant le mouvement n’est pas unifié. Bien que la consommation, la publicité et les changements de la société soient le terreau du Pop art, les artistes produisent des oeuvres très différentes.

Sur les traces du Pop art avec le Musée Maillol 

Le Musée Maillol propose de parcourir ce mouvement à travers 24 artistes qui ont marqué le Pop art. Sculptures, peintures ou sérigraphies balaient toute la diversité de ce courant.

On retrouve le très célèbre Andy Warhol avec des sérigraphies qui empruntent à l’industrie les moyens de reproduction. L’image est multipliée et pose la question de la nature de l’art.

Pour Claes Oldenburg, le rapport direct aux produits de consommation est le fil rouge de son art. Des oeuvres comme French Fries and Ketchup  sont décriées car dites « trop faciles », sans effort intellectuel ni sensibilité. Mais c’est finalement le parfait reflet d’une culture marchande facile et éphémère. 

Le rêve américain, c’est pouvoir consommer comme on l’entend, et c’est avec ironie que les Pop artistes élèvent l’American way of life au rang d’art.

Claes Oldenburg, French Fries and Ketchup, 1963, vinyle et kapok sur base en bois, 26,7 x 106,7 x 111,8cm, 50th Anniversary Gift of Mr and Mrs Roberts M. Meltzer. © Claes Oldenburg, 1963

Roy Lichtenstein, roi du Pop art

L’exposition Pop art – icons that matter consacre une salle à Roy Lichtenstein, dont une des oeuvres est prochainement proposée aux enchères. Focus sur cet artiste majeur du XXème siècle.

Roy Lichtenstein, Girl in Window (Study for World’s Fair Mural), 1963, huile et acrylique sur toile, 173 x 142,2 cm, gift of the American Contemporary Art Foundation, Inc., Leonard A. Lauder, President. © Estate of Roy Lichtenstein New York / Adagp, Paris, 2017

Il ne suffit que d’un coup d’oeil sur les oeuvres de Roy Lichtenstein pour le classer parmi les Pop artistes. Son ingrédient principal ? Les comics américains auxquels il empreinte la trame en pointillé et les contours nets. Girl in window transpire de cette culture pop’, mais l’oeuvre est auréolée de l’héritage des beaux-arts. L’artiste se réapproprie le sujet de la « jeune fille à la fenêtre », modèle qui traverse la peinture flamande du XVIIeme siècle. 

Cette oeuvre fait directement écho à celle que propose Sotheby’s aux enchères en novembre. Femal Head présente l’archétype du personnage féminin des comics américains sous l’aspect de l’impression publicitaire. Comme Girl in Window, l’Histoire de l’art transparait. C’est le cubisme qui est cette fois à l’honneur, permettant à Roy Lichtenstein de dévoiler la femme de profil, de trois quarts et de face. Cette oeuvre rare et inédite sur le marché se révèle comme étant une oeuvre majeure de l’artiste et justifie son estimation à 15 millions de dollars. 

Property from a Private New York Collection. Roy LichtensteinFemale Head Signed and dated 77 on the reverse. Oil and magna on canvas. 60 by 50 inches. Estimate $10/15 million. © Estate of Roy Lichtenstein

Le Pop art, universel et intemporel

Quand on a demandé à Roy Lichtenstein « L’art Pop est il américain ? », celui-ci a répondu « L’Europe sera bientôt pareille et donc ça ne sera plus américain, mais universel. »

Le mode de vie américain d’après-guerre s’est étendu, et avec lui, le Pop art. Les artistes contemporains d’outre-atlantique se sont emparés de ce mouvement. On trouve aujourd’hui des « pop street-artistes » comme le français Jisbar dont des oeuvres seront vendues aux enchères le 20 octobre chez Magnin-Wedry. De sa bombe aérosol, il ironise la culture populaire en utilisant l’image de Mr Monopoly ou Mickey Mouse. 

JISBAR – Né en 1989 Happy 100$ Mr Monopoly Acrylique, bombe, huile, pastel, paillette sur toile coton. 92 x 60 cm. Estimation : 950-1400€

« — Croyez-vous au rêve américain ? « — Non, mais je crois que l’on peut en tirer profit. » 

Andy Warhol 

“Femal Head”en vente chez Sotheby’s le 16 novembre à New-York

“Happy 100$ Mr Monopoly” aux enchères chez Magnin-Wedry à Drouot le 21 octobre à 14h. Expositions : Jeudi 19 octobre 2017, salle 10, de 11h à 18h ; Vendredi 20 octobre 2017, salle 10, de 11h à 18h ; Samedi 21 octobre 2017, salle 10, de 11h à 12h.

Exposition “Pop Art – icons that matter” au Musée Maillol à Paris, à voir jusqu’au 21 janvier 2018

 

Image à la Une : Détail. Roy Lichtenstein, Girl in Window (Study for World’s Fair Mural), 1963, huile et acrylique sur toile, 173 x 142,2 cm, gift of the American Contemporary Art Foundation, Inc., Leonard A. Lauder, President. © Estate of Roy Lichtenstein New York / Adagp, Paris, 2017