Magie noire et sciences occultes : la bibliothèque d’Eric Gruaz aux enchères

Le chimiste et l’alchimie

Eric Gruaz, disparu depuis une vingtaine d’années, était chimiste dans une société de fabrication d’explosifs. C’est son métier qui le fît s’intéresser à l’alchimie dont il se passionnait à travers les livres anciens. Et comme il n’y a qu’un pas d’une science à l’autre, Eric Gruaz étudia rapidement les pendants de l’alchimie : les sciences anciennes et leurs études du corps humain ou des plantes. Une fois après avoir ouvert ces livres, Eric Gruaz se préoccupa de sorcellerie et de magie, qui ont très souvent un lien avec  le corps humain et  les végétaux. Mais comment s’arrêter là sans se pencher sur les croyances et les religions ?

Au fil des années le chimiste a construit une véritable bibliothèque spécialisée en sciences anciennes. L’acquisition de ses livres, rares et recherchés, ont rempli ses rayonnages, lui permettant d’étudier toujours plus profondément le sujet.

Une vente savante

Mr Ajasse, expert en livres anciens, auparavant libraire, a été chargé d’inventorier le contenu de cette bibliothèque, vendue aux enchères le 27 et 28 avril prochain par les Maisons de Ventes Binoche et Giquello et De Baecque et Associés. Les livres qui la constituent remontent jusqu’au XVIeme siècle, souvent en première édition.

Rassemblant plus de quatre cents lots, la vente de la bibliothèque se déroulera sur deux jours, avec chacun sa thématique. Le 27 avril sera dédié aux « techniques anciennes et sciences traditionnelles » où l’on trouvera, entre autres, des ouvrages sur les simples ou sur l’alchimie. Sera proposer à l’acquisition De Humani Corporis Fabrica, ouvrage médical d’Andréas Vésale, considéré comme un des plus grands personnages scientifiques du XVIème siècle. On y trouve diverses illustrations dont un portrait authentique de Vésale et des gravures que Vasari attribua à Titien. Le Donum Dei, de Georges Aurach est un texte alchimique classique arabe arrivé à la fin du Moyen-âge en Europe. Bien que souvent reproduit, l’ouvrage proposé ici est manuscrit et illustré, ce qui lui octroie une valeur certaine.

Le deuxième jour sera consacré aux « Philosophes antiques et l’au-delà ». On plonge dans les croyances et religions, dans les sorcelleries et les châtiments. On trouvera par exemple une Bible incunable. Est dit « incunable » un ouvrage effectué sous presse avant 1501, avant l’invention de l’imprimerie. Il s’agit alors de textes réalisés sous des caractères en métal fondu dont la typographie est gothique. Cette Bible réalisée en 1478 par Leonardus Wild pour Nicolas de Franckfordia est donc l’un des premiers ouvrages « imprimés ».

L’actualité de la magie noire

Comme un écho à la vente de la bibliothèque d’Eric Gruaz, le Musée des Confluences de Lyon a ouvert, il y a peu, l’exposition « Venenum » qui présente l’univers des poisons. Nous parcourons son histoire, de l’antiquité à nos jours, avant d’entrée dans une salle qui nous rappelle les origines naturelles des poisons : végétale, animale ou encore minérale. Puis nous découvrons son utilisation, meurtrière, transcendantale ou bien bénéfique. La connaissance du poison est donc également à rattacher à la science, notamment à la chimie, noyau de la bibliothèque d’Eric Gruaz.

Vient du latin “incunabula”, qui signifie berceau ou origine. Un ouvrage incunable est donc un livre datant des prémices de l’imprimerie.

 À travers Venenum, se jouent les ambiguïtés du poison. Il est à la fois la mixture élaborée à des fins criminelles et la substance originellement présente dans le milieu naturel. Il est aussi une préparation qui, en fonction de la dose, pourra être mortelle ou salvatrice.

 

Expositions publiques :

Mardi 25 avril, de 11h à 18h

Mercredi 26 avril, de 11h à 12h

Jeudi 27 avril de 11h à 12h

Ventes aux enchères :

Jeudi 27 Avril 2017 14:15 et Vendredi 28 avril 14h15 . Salle 4 Drouot

Catalogue de ventes : Vente du 27 Avril & Vente du 28 avril

Copyrights : Ventes Binoche et Giquello

Image à la une : illustration du manuscrit de Georges Aurach