Le portrait en peinture

LES DIFFÉRENTS GENRES EN PEINTURE :

La hiérarchie des genres est une classification de la peinture qui la place dans des catégories. Elle classe les sujets en fonction de leur difficulté pour le peintre ainsi que de l’intérêt qu’ils offrent pour le spectateur.

 

  • La peinture d’histoire a été qualifiée de genre le plus noble. Elle désigne la peinture de sujets religieux, mythologiques ou historiques.

 

  • Le portrait : à une époque où la photographie n’était pas encore inventée, le portrait peint était le seul moyen pour un individu de conserver son image pour l’éternité.

 

  • La peinture de genre puise ses sujets dans la vie quotidienne. Elle représente avec réalisme des personnages populaires dans des tavernes et des paysans à leur travail, des scènes de concert, des repas animés, etc.

 

  • Le paysage sert de fond aux personnages jusqu’au 17ème siècle. C’est un genre qui s’est développé avec les Hollandais, experts dans la peinture de paysages, de marines, de vues urbaines et de paysages d’hiver.

 

  • La nature morte : Ce genre désigne les représentations peintes d’objets, de fruits, de légumes et de gibier, ainsi que de choses mortes, sans mouvement.

 

LE PORTRAIT :

 

Catégorie d’œuvres artistiques qui comprend la création de représentations sculptées, peintes et dessinées de personnes. Il se situe au deuxième rang de la hiérarchie. L’apanage des grands est d’être représenté en peinture. Même dans le portrait Bourgois du XIXe siècle, Jean Auguste Dominique INRES, pour qui le portrait est en réalité un sous-genre de l’art, reprend les codes des représentations royales.

Il est également possible de distinguer le portrait de l’autoportrait, qui, malgré une histoire similaire, a une évolution différente.

Le portrait est un témoin de la naissance de l’idée de sujet en peinture.

Le portrait existe depuis la nuit des temps, mais c’est à la Renaissance qu’il connaît son expansion et sa définition.

 

DÉFINITION :

 

Portrait ” Représentation en dessin ou en peinture uniquement, d’une personne ou d’un couple, faite de telle manière qu’il est possible au premier coup d’œil de reconnaître la personne même si elle est déjà connue auparavant… Même s’ils ne sont pas les meilleurs pour réaliser des portraits, ils sont plus habiles que ceux qui peuvent peindre l’histoire.

 

La peinture de portraits ne consiste pas à capturer une ressemblance grossière trait pour trait. Un artiste médiocre peut avoir ce talent, mais il s’agit d’exprimer le véritable tempérament, le caractère distinctif et la physionomie, afin que l’on puisse lire ce que l’on voit dans le visage d’une personne vivante. Chaque personne est unique et doit être comprise. Il faut toujours envisager la meilleure position pour la personne. Si un modèle a des défauts, il faut être capable d’accepter le côté qui ne les a pas. Cependant, s’ils ne sont pas indispensables pour faire connaître la personne, on peut les adoucir et les flatter un peu. Mais cette indulgence ne doit pas être étendue au-delà des limites.

 

Dom Pernety, Dictionnaire portatif de peinture, 1756

 

Le portrait, bien que seulement visuel, peut révéler la personnalité intérieure du modèle grâce à de nombreux indices comme la pose et l’expression de la physionomie.

Peu importe que le modèle soit une personne réelle ou fictive. Mais cela a de l’importance pour le travail de l’artiste. Pour saisir la personnalité d’un modèle, l’artiste doit être à la fois un observateur et un psychologue.

 

Une représentation progressive d’un personnage avec l’expression du statut social

 

L’histoire du portrait oscille entre le souci de l’imitation du personnage de manière plus réaliste et celui de l’idéalisation.

Pour montrer leur richesse, seuls les riches pouvaient se faire tirer le portrait sous le règne des rois.

Le peintre s’efforçait de représenter les personnes le plus fidèlement possible (vraisemblance).

La Renaissance a rendu le portrait célèbre à partir du 15e siècle.

Comment concilier beauté et respect du modèle ? ” Plutarque, il écrit […] que les peintres de l’Antiquité avaient l’habitude de faire quand ils peignaient des rois. Ils corrigeaient les défauts éventuels autant que possible tout en gardant la ressemblance. ”

 

Il est donc important d’établir quelques règles qui ont été suivies par les Italiens depuis de nombreuses décennies. Le peintre doit non seulement représenter la personnalité du modèle mais aussi signifier habilement son statut social et sa dignité particulière. Enfin, il est important que la figure soit transcrite dans ses traits généraux, ainsi que dans ce qu’elle a d’universel.

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Les difficultés du portrait tiennent à ses exigences parfois contradictoires : créer une œuvre d’art, mais aussi saisir la ressemblance et représenter une fonction sociale, tout en laissant la place à la personne qui l’occupe. La délicate combinaison de l’individuel et de l’universel, de l’instantané et de l’éternel, pour saisir un visage dans l’instant tout en le faisant paraître intemporel. Jean-Paul Billes

 

Van Eyck a peint un portrait solennel et complexe (1434) des couples Arnolfini en vue en pied et de trois quarts dans un intérieur.

Le portrait à mi-corps a été créé en France par Jean Fouquet (Portrait Charles VII, 1446-1450), et en Italie par Botticelli et Bellini.

 

 

LA VUE DE L’INDIVIDU

 

L’histoire du portrait est étroitement liée à la représentation d’un individu.

Le portrait, au sens de la peinture ou de notre époque, est “une image représentant un ou plusieurs êtres humains ayant réellement existé, peinte de manière à montrer leurs caractéristiques individuelles”.

Il semble que la fonction première d’un portrait était et est toujours de conserver la mémoire d’un individu à travers sa photographie.

Peu importe qu’il s’agisse de la transmission d’un message, d’un moyen d’atteindre l’au-delà sans perdre son identité, ou simplement du désir de laisser ses traits à la postérité. La pensée de la survie et l’évocation d’un statut éphémère président toujours à l’exécution des portraits.

 

Le portrait peut être utilisé dans un cadre privé ou public, il est donc politique. Il rend présent “ceux qui ont été absents”.

 

XIXème siècle : Le déclin

 

Tous les grands peintres réalisent des portraits au début du XIXe siècle, quel que soit leur style ou leurs thèmes de prédilection. Le portrait à l’huile est plus populaire que jamais, et les formats sont plus grands. La révolution picturale du siècle dernier a changé la nature et l’intérêt du portrait à l’huile. L’objectif de la peinture de portraits a changé si les artistes n’ont pas cessé de peindre des portraits. Le genre devient un prétexte, un outil comme un autre pour définir l’attitude de l’artiste vis-à-vis de la société, de l’art et du monde réel. La photographie nous permet de capturer une image fidèle de notre sujet, ce qui bouleverse profondément l’art et la pratique de la figuration.

 

Les différents types de portraits :

 

Il existe plusieurs types de portraits.

  • En pied (la personne entière)
  • Buste (jusqu’à la taille).
  • Demi-longueur (jusqu’aux hanches)
  • Assise
  • de dos, de face, de profil, de trois quarts,
  • Individuel et groupe.

 

LE DERNIER PORTRAIT

 

 

Cette pratique consistait à réaliser le portrait d’une personne décédée sur son lit de mort ou dans son cercueil avant son enterrement. Le “dernier portrait”, qu’il s’agisse d’un masque mortuaire, d’une peinture ou d’un dessin, ou encore d’une photographie, restait privé mais pouvait être largement diffusé si le défunt était connu. Le dernier portrait était extrêmement populaire dans les pays occidentaux au cours du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Il est aujourd’hui en train de disparaître lentement.

 

Les derniers portraits ont été largement diffusés après la mort de Napoléon en 1821 et celle de Géricault en 1824. Cela a conduit à une exploitation commerciale excessive mais aussi à des interprétations surprenantes. Ces œuvres, issues des musées de Rouen et de Malmaison, nous permettront de mesurer l’ampleur de ce phénomène. A l’opposé de ces pratiques publiques, nous pouvons mesurer l’ampleur du phénomène en regardant les œuvres d’artistes qui ont pris le crayon et le pinceau pour conserver l’image finale d’un être cher. L’exemple le plus connu est celui du lit de mort de Madame Monet. Mais Scheffer, Delaroche et Henner ont fait de même pour leur mère, leur tante ou leur sœur.

 

La Troisième République est l’apogée du dernier portrait : il est difficile d’imaginer aujourd’hui la quantité de publicité donnée aux derniers moments des grands hommes et à leur dernier portrait. Victor Hugo était l’un de ces artistes. En 1885, douze artistes sont convoqués à son chevet : des photographes (Nadar), des sculpteurs (Dalou), des peintres et des dessinateurs. Ce type d’image apparaît sur la couverture de L’Illustration. Une galerie de célébrités vous permettra de voir les caractéristiques des écrivains, compositeurs et artistes.