Les enchères acclament la princesse du design Charlotte Perriand

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Au mois d’octobre, le marché de l’art donne le ton. Entre la FIAC, Art Elysées et sa section Design Elysée l’effervescence se fait ressentir jusque chez Artcurial. Voilà quatre ans que la maison organise une vente aux enchères Design pour répondre à ce bouillonnement culturel. Cette année, celle-ci est dédiée à Charlotte Perriand dont la date anniversaire, le 24 octobre, est aussi celle de la vente « Charlotte for ever ».

Née d’un père tailleur de pierre, elle a sculpté le Design du XXème siècle avec des créations qui marquent une rupture avec le passé.

Si la modernité avait un symbole, Charlotte Perriand l’incarnerait : l’artiste qui bouscule les codes pour dessiner des meubles fonctionnels et confortables s’assume aussi en tant que femme, qui travaille et s’impose.

Vingts lots retraceront l’oeuvre et la vie de celle qui marqua l’art du XXème siècle autant que son cousin Le Corbusier.

Les premières oeuvres de Charlotte Perriand aux enchères

Les débuts de la protégée des « French masters » sont prometteurs. Repérée au Salon d’Automne de 1927 pour son « Bar sous le toit » en aluminium, elle est acclamée par la critique. Charlotte Perriand illustre déjà l’avant-gardisme en réussissant à créer une atmosphère luxueuse en empruntant des éléments normalement réservés à l’industrie.

Ce tour de force lui vaut une place dans l’agence du célèbre Le Corbusier, auprès duquel elle rencontre Pierre Jeanneret, Jean Prouvé ou Paul Nelson. De ces poignées de mains vont naître des oeuvres de collaboration.

Artcurial met en lumière les premières années de Charlotte Perriand avec cet important bureau  « en forme » dont Pierre Jeanneret a fait son bureau personnel (estimé 300 000/400 000 €).

Charlotte PERRIAND & Pierre JEANNERET Important bureau dit “en forme” – 1943/44 Structure en pin massif sculpté, bloc tiroir en aluminium et pin. Estimation  300 000€ – 400 000€ ©Artcurial

Le mariage de l’Extrême-Orient et de l’Occident 

En 1940 Charlotte Perriand est appelée par le gouvernement japonais à être conseillère à l’art industriel auprès du ministère du Commerce et de l’Industrie. En plein temps de guerre, elle unie Asie et Occident. Marquée par l’importance de la tradition et l’économie de la matière, l’artiste mélange les influences asiatiques avec le confort et le fonctionnalisme de la modernité européenne.

Son séjour en Asie se reflète notamment à travers la fameuse chaise longue Tokyo, qui apparait dans le catalogue réalisé en collaboration avec l’architecte Junzõ Sakakura « Choix, tradition, création au contact avec l’art japonais », proposé aux enchères pour 10 000 / 15 000 €.

 Charlotte Perriand et Junzô Sakakura, catalogue Choix, tradition, création au contact de l’art japonais, 1941, estimation : 10 000 / 15 000 €. ©Artcurial

Un tour du monde en salle des ventes 

Artcurial continue de nous guider dans l’oeuvre de l’artiste qui préfère la chaleur du bois des Alpes ou des contrées extrêmes-orientales à la dureté du béton et de l’acier qui prévalent en France. C’est dans les années 1950 qu’elle dessine la table « forme libre » offert à l’enchérisseur le 24 octobre. Est-ce sa passion pour les Alpes ou son retour d’Asie qui a engendré ce meuble ? L’équilibre des pieds semble venir de l’autre côté du globe mais la massivité du plateau parait descendre des Alpes. Un savant mélange.

Charlotte Perriand, table Forme libre, création 1958, acajou, Steph Simon éditeur, estimation 60 000 / 80 000€. © Artcurial.

Si l’on vous demande quelle est l’image qui vous vient quand on vous dit « Charlotte Perriand », vous répondriez sûrement « bibliothèque ». Comme celle présentée aux enchères le 24 octobre. Cette dernière incarne l’engagement politique de Charlotte Perriand. Sa conscience sociale la pousse effectivement à réaliser des meubles pour les studios étudiants de la Maison du Mexique et de celle du Brésil de la Cité Universitaire de Paris.

Charlotte PERRIAND & LE CORBUSIER tableau et casier en applique dits “Maison du Brésil” – 1959. Chêne massif, placage de chêne et isorel laqué noir. Estimation  6 000€ –  8 000€. ©Artcurial

 

Image à la une : Charlotte Perriand chez elle à Tokyo en 1954, ©AChP

Charlotte PERRIAND Bibliothèque dite “Maison du Mexique” – 1952  Plots en aluminium laqués, portes coulissantes en aluminium “pointe de diamants, tablettes en bois vernis. Fabrication Ateliers Jean Prouvé pour les plots et les portes. Fabrication André Chetaille pour les tablettes. Estimation : 80 000€  – 120 000€. ©Artcurial

Vente aux enchères : le 24 octobre 2017

Exposition : Du vendredi 20 au lundi 23 octobre 2017

7 rond-point des Champs-Elysées 75008 Paris Artcurial