Ces artistes majeurs qui nous ont quittés en 2018

Genevieve Claisse Auctionlab

2018 a été une année riche, mais aussi une année triste pour l’art, puisque notamment l’art français a perdu trois figures de proue. On va parler tour à tour, je pense, de Geneviève Claisse, on va parler de Yvon Taillandier. Et puis, nous allons parler de Monory.

Geneviève Claisse

Geneviève Claisse est autodidacte, en fait. À 18 ans, elle va monter à Paris, où elle va effectivement développer son art en utilisant trois figures géométriques majeures le cercle, le carré et le triangle. Pourquoi? Parce que, fidèle au mouvement de l’abstraction géométrique qu’elle incarne bien, elle travaille des formes qui n’existent pas dans la nature. C’est donc quelque part à un mariage entre des couleurs qui cohabitent et surtout, ces trois figures géométriques qu’on va trouver très régulièrement dans ses oeuvres.

Geneviève Claisse va aussi croiser un artiste majeur suisse. Votre frigo n’est guère certainement l’artiste majeur pour la Suisse du 20e siècle. Elle va beaucoup collaborer et d’ailleurs, on voit qu’il y a eu des fusions entre les deux univers et c’est cette proximité avec John Baclesse fait qu’ils vont échanger des savoir-faire. Et je pense à nous pour la géométrie, pour l’alliance des couleurs et aussi une maîtrise de la lumière.

Yvon Taillandier

La disparition d’Yvan Taillandier est effectivement la disparition d’un homme aux multiples talents, que ce soit la peinture, que ce soit la sculpture.

C’est aussi en écrivant qu’il a été critique d’art. C’est un antifasciste convaincu. En 1943, il va intégrer justement une organisation qui permet de faire la promotion de l’art, mais tout en résistant entre guillemets. Et c’est de là d’ailleurs qu’il va embrasser la profession de critique d’art. Il va échanger longuement et amicalement avec des figures incontournables de la France de l’art international comme Braque, comme Soulages, comme Miró, dont tu vas rester un ami pendant longtemps.

En tant qu’artiste lui-même, il va promener des personnages tout au long de sa carrière. Un des plus célèbres est le capitaine Ted. Et c’est vrai que ce personnage va le retrouver soit seul, soit accompagné, parce qu’il va souvent mêler le personnage et la technologie.

Taillandier dans son atelier va développer ça. C’est quelque chose de très important. Pourquoi? Il appelle son art un art figuratif? Parce qu’il va le mélanger. Beaucoup de textes dans certaines de ses œuvres, la partie consacrée aux textes va être plus importante que la partie consacrée à l’illustration. On voit l’écrivain, la patte de l’écrivain dans ses œuvres parce qu’il aime beaucoup se faire plaisir. Et il y a même certaines œuvres. Ce ne sont que des mots, que des phrases qui vont évoquer un univers du rêve, quelque chose auquel il tient.

Jacques Monory

Il tient beaucoup et c’est vrai que c’est une des signatures de Taillandier dans son œuvre. Jacques Monory a eu une carrière faite d’à-coup quelque part parce qu’il va commencer par faire des études de peintre décorateur. En fait, il va tout de suite changer pour s’orienter vers la photographie.

Et puis, en 62, il va détruire toutes les oeuvres, tout ce qu’il avait fait jusqu’à présent. Il va se lancer dans effectivement la figuration narrative avec des côtés pas toujours gais. Ce qui va guider, on va le voir, Monory tout au long de sa carrière. C’est l’effet divers. C’est l’attirance pour la violence, c’est l’attirance pour la mort. Il va faire des maquettes à partir d’articles découpés dans des magazines, dans des journaux qui décrivent d’une façon morbide les faits divers et il va les juxtaposer avec des couleurs.

Vous allez voir très souvent, on va tourner autour du bleu. On va tourner autour de deux couleurs très fortes, mais on sent un peu son origine. Photographe et il va nous promener tout au long de l’univers, quand même relativement violente. Mécaniser, vous verrez sûrement des voitures. Vous verrez souvent des éléments de la technologie Ticky qui viennent se prendre une place importante dans la composition de ces œuvres. Et puis, il y a un fait marquant une signature perpétuelle chez Monoprix.

Dans chacune de ses œuvres, vous allez avoir un très bien que j’ai cherché la raison de la présence de cette ligne droite, mais encore l’explication. Toujours est-il qu’aujourd’hui, vous verrez que dans chacune des oeuvres que vous verrez d’aumônerie, vous avez cette ligne droite qui est omniprésente. Je me faisais une remarque tout en discutant avec vous, c’est que c’est le seul des trois que j’appelle uniquement par son nom de famille, comme s’il y avait une sorte de distance et un côté un peu inquiétant chez Monory, qu’on ne trouve pas chez les autres artistes.

C’est peut-être plus masculin, mais plus certes très talentueux que peut-être le plus noir des trois artistes qui nous ont quittés cette année.