Quand l’art publicitaire s’illustre aux enchères

Le publicitaire du début du XXème siècle ne compte comme outils de marketing que sa plume et son pinceau. Ses supports sont les affiches murales, les plaques émaillées pour des annonces moins éphémères, mais aussi les vitrines et comptoirs des commerçants, puis par la suite les cadeaux publicitaires qui ont pris place sur nos étagères, sur lesquelles s’alignent ces multiples pièces qui font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs.

 

Pas de page de pub pour les maisons de ventes

Nous retrouvons aujourd’hui certaines pièces de cet art publicitaire, anciennes et plus modernes, en vente aux enchères. Leur rareté, leur état de conservation et leur place dans l’histoire font atteindre à certaines des prix records. Loin de l’esprit populaire qui était sa caractéristique première, la publicité devient un art à part entière au sein des ventes aux enchères.

 

L’affiche publicitaire aux enchères 

Une campagne de pub historique

C’est sous le règne de François 1er que remontent les premiers affichages des « ordonnances », un substitut écrit aux annonces orales faites jusque-là. Par la suite, la fin du XVIIIème, marquée par la Révolution française suscite une explosion dans tous les domaines de la communication : discours, journaux, pamphlets, et bien sûr dans l’affichage.

Le formidable essor industriel du XIXe siècle avec notamment les débuts de la mécanisation et l’organisation de la production, marque l’avènement de la société de consommation. C’est pendant cette période que l’affiche, bénéficiant du progrès des techniques d’impression lithographique, se transforme pour devenir un des médias les plus influents.

Des artistes qui deviendront de grands affichistes : Chéret et Toulouse-Lautrec en vente chez Millon

L’étude Millon, sous le marteau de Maître de la Hamayde, propose le 17 janvier prochain, une vente consacrée aux affiches et aux documents historiques. Parmi les lots qui seront présentés aux enchères, on trouvera quelques pièces d’art mural, comme cette publicité pour les « Montagnes Russes, tous les soirs danseuses espagnoles », dessinée par Jules Chéret et datée de 1895 (estimation : 1 000 / 1 500 €). Dans l’histoire de l’art publicitaire, une nouvelle étape est franchie par l ‘intermédiaire de Jules Chéret, considéré comme le père de l’affiche moderne. En effet, c’est à lui qu’on doit le perfectionnement d’une technique : l’impression en couleur par un procédé qui permet de fournir rapidement de gros tirages. Il joue aussi un rôle capital dans le changement de l’esthétique de l’affiche en réussissant à donner à l’art mural sa forme, qui le distingue des autres domaines de l’art pictural.

Chéret inspirera ainsi d’autres artistes qui deviendront des affichistes célèbres, comme Henri de Toulouse-Lautrec. Une oeuvre publicitaire de cet artiste pour le Moulin Rouge est en vente à l’étude Millon dans cette même vacation. « May Milton », rare affiche de Toulouse-Lautrec, réalisée au crayon, au pinceau et au crachis, impression en 5 couleurs, datée de 1895, est estimée entre 4 000 et 8 000 €.

Les peintres académiques et symbolistes, les illustrateurs et les humoristes, les partisans du pur style Art Nouveau, comme Mucha, se tourneront aussi vers l’art publicitaire sous le format des affiches.

De belles affiches publicitaires plus tardives seront également soumises aux feu des enchères le 13 janvier sous le marteau de Maître Balsan, comme cette affichette pour l’huile Suprol, un dessin de René Perron daté de 1949.

Une prochaine vente aux enchères rarissime de plaques publicitaires émaillées

C’est l’heure de la Réclame à Troyes

pomez

Près de 300 plaques émaillées publicitaires seront dispersées au grès des enchères le 21 janvier sous le marteau de Maître Léonard Pomez , de la Maison de vente Ivoire Troyes Boisseau-Pomez.

Monsieur B., un collectionneur de la Marne depuis 40 ans, a rassemblé  des plaques émaillées publicitaires : une collection dont il souhaite aujourd’hui se séparer. Cette rare collection répertorie les domaines dans lesquels la publicité était active entre 1920 et 1970 : les produits agricoles, les denrées alimentaires, les assurances, les boissons, les transports, l’électricité, mais aussi  l’automobile et la mécanique.

« Il n’y a pas eu une vente publique de cette envergure depuis longtemps »

La singularité de cette collection tient aussi au fait de la rareté de ces plaques sur le marché. «  Il n’y a pas eu une vente publique de cette envergure depuis longtemps » nous confie le jeune commissaire-priseur. De plus, ces plaques au design vintage sont tout à fait dans la tendance de décoration actuelle. Les personnes qui en possèdent aujourd’hui ne sont plus vendeurs.

Depuis la mise en ligne du catalogue de vente il y a quelques jours, Maître Pomez a déjà eu plusieurs appels de collectionneurs émanants des quatre coins de l’hexagone. L’estimation de ces plaques n’a pas été aisée, car il faut faire un juste algorithme entre plusieurs caractéristiques : la qualité et l’état de la plaque, son ancienneté, le sujet représenté, la couleur et enfin la typographie utilisée. Léonard Pomez proposera aux enchères ces pièces à des prix attractifs (les estimations vont de 50 à 250 €) qui attireront sans aucun doute les collectionneurs, appelés placomaillophiles.

Côtoyant les publicités pour les marques les plus connues, comme celles du domaine de la mécanique automobile (Esso, Shell ou Michelin), seront aussi présentées aux enchères des plaques plus inédites attenant à la presse « Paris Match » ou « France Soir ». Nous retrouverons aussi dans cette vente des thermomètres intégrés aux plaques en tôle, mais aussi, témoins d’une époque révolue, des plaques de signalétiques routières sponsorisées par des marques automobiles (Peugeot ou Dunlop).

Les véhicules miniatures publicitaires aux enchères

Les grandes marques nationales et internationales ont aussi beaucoup inspiré les publicitaires, qui, en plus d’inscrire les logos sur les véhicules, les ont aussi réalisé à échelle réduite. De nombreux collectionneurs se portent aujourd’hui acquéreur de ces miniatures réalisées par 2 célèbres entreprise : Dinky Toys et Corgi.

Leur production est très similaire. Pour se démarquer de Dinky Toys, Corgi proposera rapidement des accessoires permettant plus de fidélité et de finition. Les premières séries TV, dont celle de James Bond 007, offrent une idée du rendu et de la finition soignée de Corgi.

Pour le plus grand plaisir des collectionneurs, Corgi a toujours réalisé des modèles particuliers avec publicités. L’entreprise reproduit des modèles anglais. Certaines exceptions existent cependant, comme la création de miniatures de modèles français comme des Citroën 2 chevaux, DS ou encore des Renault Floride. L’étude Joigny Enchères proposera dans sa prochaine vente du 9 janvier des ensembles de ces véhicules publicitaires de la marque Corgi, estimés chacun entre 20 et 30 €.

Vente hebdomadaire – collections – armes et militaria
à l’étude  à JOIGNY ENCHERES 

Lundi 9 janvier à 14h30

http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/vente-hebdomadaire-collections-armes-et-militaria-ie_v85531.html

TABEAUX – GRAVURES – LITHOGRAPHIES – AFFICHES – LIVRES
Vendredi 13 janvier à 10h00 à l
‘étude Balsan Enchères

http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/tabeaux-gravures-lithographies-affiches-livres-ie_v88497.html

AFFICHES & DOCUMENTS HISTORIQUES à l’étude MILLON

Mardi 17 Janvier 2017 À 14h00

Salle V.V., 3, rue Rossini 75009 Paris

http://www.millon.com/html/index.jsp?id=79721&np=1&lng=fr&npp=10000&aff=&r=

Collection de 300 Plaques publicitaires en tôle émaillée à l’étude
Ivoire Troyes Boisseau-Pomez 

Samedi 21 janvier à 9h00

http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/collection-de-300-plaques-publicitaires-en-tole-emaillee-ie_v89305.html