Plafonds du Musée du Louvre, arc de triomphe du CarousselMusée Magnin à Dijon, Château de Versailles, Musée de Rennes, Palais Brongniart….on ne peut lister de façon exhaustive toutes les œuvres présentes dans les collections publiques et signées du peintre Charles Meynier (1768-1832), un artiste qui reçut aussi de nombreuses commandes de tableaux militaires à la gloire de Napoléon.

Celui dont le père le destinait à être tailleur, et qui finalement montra très tôt un goût pour la peinture, est mis en lumière à l’occasion d’une prochaine vente aux enchères.

Une œuvre clé de Charles Meynier aux enchères

En effet, le 27 mars prochain, la maison Ivoire Nantes propose à la vente « Le Départ de Télémaque », une œuvre de Charles Meynier.

C’est en 1789 que l’artiste remporte le second premier grand prix de Romen peinture, et part alors pour Rome en qualité de « pensionnaire du Roi ». Ce fut durant son séjour dans cette ville qu’il fut marqué par l’antiquité, qui deviendra une source d’inspiration forte dans son œuvre.

Charles Meynier peinture télémaque aux enchères

Portrait de Charles Meynier par Louis-Léopold Boilly

Un tableau déjà encensé par les critiques de l’époque

Le saviez-vous ?

Dans la mythologie, Télémaque est le fils d’Ulysse, roi d’Ithaque, et de Pénélope. Dans l’ « Odyssée » d’Homère il vient en aide à sa mère puis à son père contre les prétendants.

« Le Départ de Télémaque » fut acheté au Salon de 1800 par Joseph Fulchiron (1744-1831), un banquier lyonnais, qui fut l’un des premiers collectionneurs de Meynier.

Encensée par la critique à l’époque, « Le Départ de Télémaque » est une œuvre d’une grande qualité picturale, qui impressionne par ses dimensions et ses tons bleutés et gris. Le tableau marque aussi les esprits par son sujet puisque les rôles traditionnels sont ici inversés : les femmes sont les chasseuses et le Télémaque est leur proie.

La presse de l’époque est déjà éloquente et parle de « délicieuses images », avec une certaine dose de « magie dans le clair-obscur » et souligne notamment la poésie et l’élégance du tableau.

Lebrun dans le « Moniteur universel » qualifie cette œuvre de « tableau charmant qui attire et flatte les yeux par un pinceau aimable, une couleur séduisante, des effets suaves et qui intéresse encore par des airs de tête gracieux, une expression vraie et variée ». 

Le départ de télématique Charles Meynier oeuvre retrouvée

Charles MEYNIER (Paris 1768 – 1832) Le Départ de TélémaqueToile 149 x 200 cm. Signée et datée en bas à gauche : ch. meynier / an. 8.  Estimation : 150 000 / 250 000€ Provenance : Acheté au Salon par Joseph Fulchiron en 1800.Château de la Seilleraye

« Meynier a rassemblé avec tant de grâce tous les âges de la beauté, l’ingénuité de la plus tendre jeunesse, l’écueil de l’art du dessin dans les figures de ses nymphes, la jeunesse dans toute sa pompe », commente le journaliste de La Décade philosophique en 1800. Et d’ajouter que « Ce sujet est traité avec infiniment d’art. Toutes les parties de la peinture y sont bien observées, il mérite de fixer l’attention des connaisseurs, et d’entraîner leur suffrage ».

Enfin, Demoncy, dans le Journal d’indications en 1800 raconte qu’ « On y admire encore une parfaite intelligence du coloris, une fermeté rare dans l’exécution et la plus grande correction dans le dessin ». 

Un trésor retrouvé après 200 ans

Au-delà de la qualité de l’oeuvre, c’est aussi son histoire qui en fait une toile exceptionnelle. En effet, pendant 200 ans, on avait tout simplement perdu sa trace, le tableau en mains privées. Il avait été présenté au Salon à Paris en 1800 et en 1810, avant de disparaitre totalement quelques années plus tard et d’être redécouvert aujourd’hui en réapparaissant sur le marché. L’oeuvre a été acquise au début des années 1930 et parvenue jusqu’à nous par descendance à l’actuel propriétaire.

Cette œuvre n’était connue que par la gravure de Châtaignier et donc absente de la monographie et de l’exposition de la Bibliothèque Paul Marmottan de Boulogne Billancourt en 2008.

Vente aux enchères le 27 mars 2018 à 14h00 chez Ivoire Nantes.