Une figure de reliquaire Kota-Ndassa est proposée aux enchères le 27 avril prochain par Jérôme de Colonges, le commissaire-priseur d’Ivoire Toulouse.

Un objet iconique de l’Art Africain

Dans l‘Art Africain, le reliquaire a une place prépondérante. Intermédiaires entre les vivants et les morts, les reliquaires ont la forme de statuettes stylisées, au visage formé de cuivre et de laiton brillant.

Les reliquaires Kota, dont la taille varie avec l’importance du défunt, étaient fixées au-dessus d’un panier en écorce ou en osier, le « bwété« , contenant le crâne et les ossements d’un mort de haut lignage. Les paniers étaient conservés dans la case du chef du village Kota, au Gabon.

Art Africain Reliquaire Kota Ndassa aux enchères

Figure de reliquaire Kota-Ndassa, Gabon, République du Congo Haut. 69cm collectée in-situ entre 1896 et 1928 par l’administrateur des colonies Amédée Lefilliatre. Estimation 100.000/150.000€ © IVOIRE TOULOUSE

Au sein du corpus des figures de reliquaires Kota, le groupe des reliquaires Kota Ndassa apparaît comme le plus majestueux. Les hautes proportions de ces figures, l’alternance du cuivre, du laiton, et du fer, la richesse des ornementations, un certain naturalisme graphique contrastant avec la stylisation de la plupart des autres groupes de reliquaires, en font un type « parmi les plus recherchés par les amateurs d’art Kota », comme le souligne Alain Chaffin dans son célèbre ouvrage sur ces œuvres*.

*L’art Kota – Les figures de reliquaire, Editions Alain et Françoise Chaffin, Meudon, 1979

Une provenance directe pour ce reliquaire

administrateur en chef des colonies en Afrique de l’ouest

Amédée Lefilliatre, administrateur en chef des colonies en Afrique de l’ouest.

Dans les années 1870-1880, les occidentaux font la « découverte » de ces figures de reliquaire et sont fort intrigués. Ils ne pensaient pas trouver ce type d’art en Afrique Centrale, la représentation et la technique utilisée étant quasiment uniques sur le continent. Les Africains maîtrisaient en fait depuis longtemps la production des alliages de cuivre.

Cette pièce de première importance, a été collectée in-situ entre 1896 et 1928, au Gabon, République du Congo,  par Amédée Lefilliatre, administrateur en chef des colonies en Afrique de l’ouest.

Une apparition pour la première fois sur le marché

Depuis sa découverte in situ, cette œuvre n’a jamais été vue en dehors du cercle familial et amical des descendants de l’administrateur qui la mettent aujourd’hui en vente. « Il est très rare qu’un Kota nous parvienne sans être passé sur le marché de l’art » précise Emmanuelle Menuet, experte en Arts Premiers, qui l’a estimée 100.000/150.000€.

Les qualités esthétiques intrinsèques de cette pièce et sa toute première apparition aujourd’hui sur le marché de l’art tribal, en font un objet qui devrait être très convoité.

administrateur en chef des colonies en Afrique de l’ouest

Images d’archives d’Amédée Lefilliatre, administrateur en chef des colonies en Afrique de l’ouest

Vente aux enchères Vendredi 27 avril 2018 à 14h30

Expositions publiques à Paris chez Munigarde sur rendez-vous auprès de l’experte ou de la maison de ventes du 5 au 20 avril et chez Ivoire Toulouse jeudi 26 avril 14h/18h et vendredi 27 avril 10h/12h