©Etude Leclere. Important oeuf OVTCHINIKOV en argent et vermeil à décor d’émaux polychromes cloisonnés au motifs de rinceaux et d’émail blanc, reposant sur un socle.

 

Cloches, poissons, et œufs fleurissent dans les vitrines des chocolatiers en cette période pascale. En France et dans d’autres pays européens, dans les campagnes ou les jardins, une traditionnelle chasse aux oeufs s’organise le matin de Pâques. Selon la tradition, en revenant de Rome, les cloches qui se sont tues depuis le Jeudi Saint au soir, y répandent oeufs, cocottes et autres gourmandises.

Mais, en plus d’être comestibles, les œufs sont un thème récurrent et inspirant dans l’art. Partons à la chasse aux trésors des ces œufs dans le marché de l’art.

 

La chasse aux œufs de pâques : une origine artistique

Du simple œuf dur coloré aux plus prestigieux œufs de Fabergé, l’oeuf de Pâques est resté une tradition dans le monde entier. La coutume d’offrir des oeufs décorés existe avant l’ère chrétienne. Le printemps étant la saison de l’éclosion de la nature, l’oeuf, représentant la vie, a été choisi comme symbole et utilisé lors de rituels très anciens. Au printemps, les Égyptiens et les Perses avaient pour habitude de teindre des oeufs et de les offrir pour symboliser le renouveau de la vie. Dans l’Antiquité gauloise, les druides teignaient les oeufs en rouge en l’honneur du soleil.

Plus tard, la religion Juive reprend aussi l’oeuf comme un symbole du cycle de la vie. Il fait aujourd’hui encore partie du rituel du repas du deuil sous forme d’oeuf dur, ainsi que du Seder de la Pâque juive. Dans le christianisme, l’oeuf symbolise la résurrection du Christ et sa sortie du tombeau comme sortant de sa coquille.

 

Les œufs précieux : une offrande royale

Dès la Renaissance, l’usage d’offrir des œufs précieux apparurent dans les cours royales. Le roi Edouard d’Angleterre faisait par exemple décorer quelques centaines d’œufs à la feuille d’or pour les distribuer à sa famille. La tradition continue aussi à l’époque de Louis XV, où la fille du monarque reçu en cadeau des œufs peints par de grands artistes de l’époque comme Watteau.

À la fin du XVIII siècle, à la cour impériale de Russie, Nicolas II offrait pour Pâques à son épouse et à sa mère des oeufs de Fabergé, pièces d’orfèvrerie en or et pierres précieuses considérées comme des chefs-d’œuvre de l’art de ce joaillier.

Les oeufs de Pâques russes sont de véritables oeuvres d’art, aux motifs et aux couleurs très symboliques et géométriques, avec des représentations chrétiennes comme la croix, le Christ lui-même. Ainsi en témoignent deux œufs en argent à décor émaillé et cloisonné, de fabrication russe et présentés aux enchères par l’étude de Damien Leclere lors de la vente d’art russe du 7 avril dernier.

© Etude Leclere. Oeuf tripode en argent etémail polychrome cloisonné. Poinçon de titre : 84, Moscou 1908-1917. 108 gr.H.: 9 cm.

 

Quand la coquille devient aussi trésor

Plus tard, la coquille d’oeuf elle-même est utilisée dans les arts décoratifs. Comme ornement durant la période art déco, les frayements de coquilles sont incrustées sur fond de laque comme dans ce porte-cigarettes en vente le 9 avril à l’étude Conan d’Ainay à Lyon. Jean Dunand, célèbre sculpteur dinandier de la période Art Déco, utilisait fréquemment les coquilles d’oeufs dans ses créations, au point d’en devenir une des signatures de cet artiste.

 

Une éclosion surréaliste

Salvador Dali utilisera régulièrement l’oeuf dans son art. L’œuf évoque par son aspect et sa minéralité une symbolique chère à l’artiste surréaliste : celle de la vie antérieure, intra-utérine et de la re-naissance. Aussi façonnera-t-il un œuf au plat couronné en plastique, signé et daté de 1974, et vendu récemment aux enchères à Lyon 1850 €.