33 ans…certains se heurtent à une destinée tragique à ce moment de leur vie… A contrario, chez Karel Appel, c’est plutôt l’âge de l’accomplissement.

Focus sur deux œuvres de l’artiste peintes en 1954 : une au musée, l’autre aux enchères.

Le membre fondateur de CoBrA charmera-t-il les visiteurs ?

À partir d’une donation exceptionnelle de vingt-et-une peintures et sculptures de la Karel Appel Foundation d’Amsterdam, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente une exposition monographique retraçant l’ensemble de la carrière de l’artiste, des années CoBrA à sa mort en 2006. 

Né en 1921, l’artiste néerlandais est notamment connu pour avoir été l’un des membres fondateurs du groupe CoBrA, créé à Paris en 1948

CoBrA, groupe européen composé d’artistes comme que Asger Jorn et Pierre Alechinsky, se propose de dépasser les mouvements académiques de l’époque, même l’art abstrait, considéré alors comme trop rationnel. Ils prônent plutôt un art spontané et expérimental, incluant un ensemble de pratiques inspirées du primitivisme. Cependant, le mouvement va rapidement s’essouffler et est dissous dès 1951.

« J’utilise mes tubes pour dessiner sur la toile comme avec un morceau de craie sur un tableau »

Tandis que les autres membres de CoBrA constituent d’autres groupes aux velléités clairement politiques, Appel poursuit une voie plus solitaire et plus parisienne. Il est très vite remarqué par Michel Tapié qui l’introduit dans les milieux artistiques français et européens. Tapié est fasciné par la véhémence expressive d’Appel et sa peinture généreuse, faite au tube, dans une gestualité expressive, qu’il insuffle aussi à sa sculpture.  

Karel Appel Auctionlab enchères

Karel APPEL, « Danseurs du désert », 1954 Huile sur toile, 117 x 166 cm Musée d’Art moderne de la Ville de Paris © Karel Appel Foundation / ADAGP, Paris 2017

1954 : Deux salles, deux ambiances

On trouve dans la rétrospective parisienne « Danseurs du désert ». Peinte en 1954, l’oeuvre propose aux visiteurs des lignes en léger relief figurant deux personnages, dessinés à la hâte, comme pris dans un tourbillon de lignes colorées. Un chevauchement de traits dynamiques sur fond ocre qui répondent joyeusement au titre de l’exposition : « Karel Appel, L’art est une fête ! ».

 

Karel APPEL, Sans titre, 1954. Huile sur toile. Signée et datée en haut à gauche. 93 x 121 cm. Photo : Drouot Estimations

Parallèlement, la maison de vente Drouot Estimations proposera aux enchères le 31 mai une oeuvre de l’artiste néerlandais, datée elle aussi de 1954. Sans titre, cette huile sur toile signée par Appel est très différente, autant dans son graphisme que par l’emploi des couleurs. La recherche ne semble plus être dans la figuration – même si notre imagination nous pousse à voir au centre un visage, ou un cheval au galop – mais plus dans la mise en exergue du geste. La véhémence expressive, caractéristique à la période 1952/1957 chez Appel, y est glorifiée.

L’exposition monographique qui se tient au Musée d’art moderne de la ville de Paris est consacrée à l’ensemble de la carrière de Karel Appel et donne à voir aux visiteurs aussi d’autres types de production de l’artiste, comme des sculptures et céramiques, plus tardives.

Karel APPEL, « L’Homme hibou n°1 », 1960  Acrylique sur souche d’olivier, 157 x 90 x 52 cm  Musée d’Art moderne de la Ville de Paris © Karel Appel Foundation / ADAGP, Paris 2017

 

Musée d’art moderne de la ville de Paris : Exposition « Karel Appel L’art est une fête ! » Jusqu’au 20 aout 2017

Drouot Estimations : Vente le 31 mai 2017 : catalogue