Avec ses peintures d’histoire et ses tableaux mythologiques aux visages expressifs et aux corps torsadés, la réputation de Pierre-Paul Rubens n’est plus à faire. Il est l’un des plus grands peintres baroques et pourtant, ses portraits restent méconnus. C’est grâce à eux et à leurs très nobles commanditaires que Rubens doit en partie sa renommée. 

Le Musée du Luxembourg célèbre -depuis le 4 octobre et jusqu’au 14 janvier- ce « prince des peintres, et peintre des princes » avec l’exposition Rubens, portraits princiers. Auctionlab s’y est rendu et vous raconte.

galerie portrait Musée luxembourg marie de médicis

Salle « L’expérience italienne »

Tour d’Europe des cours royales

On se prendrait vite pour un aristocrate du XVIIeme siècle invité dans une demeure princière quand, parcourant l’exposition, on traverse les galeries de portraits des familles royales  d’Italie, de Bruxelles, d’Espagne et de Paris. C’est toute la généalogie des rois et reines d’Europe que présente l’exposition.

Déambulant dans la première salle comme on feuillette un album de famille, les visages de la cour des Gonzague peints par Rubens et son ami Pourbus nous regardent fièrement. C’est à Anvers que nous emmène la deuxième salle. Les têtes couronnées brillent des coups de pinceaux de Rubens et de ses contemporains. La réalité et l’idéal se mêlent pour le meilleur. Le talent de Rubens révèle le lourd velours des costumes d’apparat, la dentelle des fraises et les reflets des armures.

Le mot de la rédac'

 

Une scénographie agréable qui permet de se repérer dans les différentes cours d’Europe grâce à des salles structurées par couleurs. Des arbres généalogiques sur les cartels rappellent les liens familiaux des personnages sublimés par Rubens et ses contemporains.

Puis, nous nous rendons à Paris en passant par l’Espagne où l’on rencontre une figure au moins aussi primordiale que Rubens, Marie de Médicis.

« Je couvre de mon ombre toute la Terre ». 

Rubens portraits princiers Luxembourg

Détail : estampe au burin représentant Marie de Médicis dans un médaillon fixé à un arbre généalogique où apparaissent les descendants de la reine. Attribué à Lucas Vosterman, d’après Nicolas Van der Horst et peut-être Cornelis Galle L’Ancien.

Ce sont les paroles de Marie de Médicis, qui nous rappelle modestement être la mère et belle-mère des rois d’Europe. L’exposition Rubens, portraits princiers dévoile à la fois l’art du portrait de Rubens inspiré par Titien et par ses contemporains, mais aussi l’importance de Marie de Médicis, femme d’Henri IV. En conflit avec son fils Louis XIII, elle entend se réaffirmer en tant que reine mère.

 

C’est grâce aux portraits de Rubens qu’elle s’illustre en souveraine toute puissante. À ce dernier, elle commande en 1621 un cycle sur sa vie, qui oscille entre narration et allégorie. Conservée au Louvre, l’oeuvre est évoquée ici  par des gravures du début du XVIIIeme siècle.

Marie de Médicis expo Rubens portraits princiers

Détail : Marie de Médicis, reine de FRance. Vers 1609. Frans II Pourbus, dit le Jeune

autoportrait Ruben expo musée du Luxembourg

Peter Paul Rubens. Autoportrait, 1623 Huile sur bois. 85,7 x 62,2 x 0,5 cm. Royaume-Uni, Londres, The Royal Collection / HM Queen Elizabeth II 2017. Royal Collection Trust / © Her Majesty Queen Elizabeth II 2017

À l’image de Marie de Médicis, Rubens sait son importance et le dernier tableau de l’exposition le prouve. Alors qu’un courtisan fait une commande à Rubens pour offrir au prince de Galles, ce dernier réalise un autoportrait sur lequel il ne se représente pas en peintre mais en gentilhomme. 

On descend les quelques marches du perron du Musée en se demandant finalement lequel de Rubens ou de Marie de Médicis doit le plus à l’autre. Alors que l’un doit sa renommée en grande partie aux commandes de la reine et de sa famille, la seconde redore son blason grâce aux portraits que Rubens a pu réaliser.

L’exposition Rubens, Portraits Princiers est à visiter à partir du 4 octobre jusqu’au 18 janvier 2018 au Musée du Luxembourg à Paris.