Impossible de rester de marbre devant les sculptures proposées aux enchères le 10 mars. Cette vente rassemble des oeuvres d’exception de l’Antiquité, du Moyen-âge et la Renaissance provenant de trois collections privées différentes et réunies sous l’étendard de la salle des ventes Boisseau-Pomez.

L’Antiquité sur un piédestal 

Un hommage gravé dans la roche

L’un des lots phares de cette vente est ce cippe datant du IIème siècle. Par cette borne antique, un époux rend un hommage public à sa femme :

 « La Boulé et le Peuple (ont dédié la statue d’) Aurélia Eiréné, fille de Neikadas, épouse de l’excellent Marcus Aurélius Eudoxos, deux fois prêtre à vie du grand et illustre dieu Soleil, et démiurge ; (elle) parée d’une vie vertueuse et modérée, panégyrique dévouée et illustre, son époux ayant assumé le coût de cet honneur, selon ce qu’il avait promis à sa patrie et aux dieux. »

Traduit par un archéologue italien, le texte a permis de dater cette pièce de la période des Antonins (96-192) et livre un formidable intérêt éliographique.

Cippe en marbre d’époque du IIe siècle après JC à Rome avec inscription honorifique en dialecte dorique d’époque romaine Haut.: 123 cm – Diam.: 50 cm – Circonférence 166 cm (usures, accidents) Estimation : 5.000/8.000€

Des inscriptions antiques découvertes sous le lichen

Maître Léonard Pomez a découvert ce cippe au Château de la Cordelière dans l’Aube.

Surmonté d’un vase Medicis fleuri, la pièce marquait l’entrée de la demeure et se confondait dans la symétrie du château. Une harmonie qui l’a parfaitement dissimulé jusqu’à l’arrivée du commissaire-priseur :

« Je voulais estimer le Medicis qui m’avait l’air ancien. Repartant sur ce qui semblait être une déception, je pose les yeux sur le support du vase et remarque sous le lichen des inscriptions antiques »

C’est au XIXeme siècle que cette pièce a trouvé demeure au château : le Comte Chandon de Briailles, qui l’a édifié, rapportait de voyages des souvenirs archéologiques, dont ce cippe. En 2015, une stèle greco-romaine d’Aphrodisias de la même provenance a été vendue  180 000 € par Ivoire Troyes.

chateau cordeliere statuaire

Château de la Cordelière dans l’Aube. On y voit au centre le cippe

cippe antique retrouvé aux encheres

Cippe recouvert de lichen et surmonté d’un vase Medicis

30 Madones en une seule vente

 

C’est une vente qui retrace l’Histoire de la sculpture, mais aussi celle des religions. Après un cippe honorant les Dieux Romains, les trente sculptures provenant d’un château des Deux-Savoie célèbrent la Sainte-trinité. 

Toutes en bois, ces oeuvres représentent en grande majorité la Vierge et l’Enfant Jésus. La sculpture qui auréole cette collection, c’est la Sainte-Anne trinitaire estimée 20 000- 25 000 €. Celui qui est à l’origine de cette oeuvre connaissait les techniques et les formes germaniques. À l’aube du XVIeme siècle, l’artiste a très surement voyagé, d’où les influences nordiques. Des oeuvres très proches de celles-ci sont conservées dans le sud de la France.

La Pietà estimée 6000 – 8000 € témoigne aussi de cette mondialisation avant l’heure : réalisée dans un style allemand, elle s’inspire du modèle de Michel-Ange. 

sculpture sainte anne trinitaire enchères

Artiste anonyme d’Allemagne du Sud, autour de 1500. Sainte Anne trinitaire. Groupe en bois sculpté. H : 128 cm Estimation : 20.000/25.000 €

La pièce maitresse de la vente : le bénitier de la Renaissance

Après l’Antiquité la Haute Epoque, c’est autour de la sculpture de la Renaissance d’être mise en lumière chez Ivoire Troyes. 

Le colosse de cette vente aux enchères de statuaire d’exception, c’est le bénitier d’après Antonio Federighi estimé entre 100 000 et 120 000€. Le fût et la vasque témoignent de la richesse des motifs de la Renaissance. 

Cette période humaniste se tourne vers l’Antiquité, et ici les motifs sculptés ne nous trompent pas : le répertoire est influencé par l’époque greco-romaine. 

Ce bénitier a été réalisé au XVIeme siècle sur le modèle de celui sculpté par Antonio Federighi (1420-1440). Son maître, Jacopo delle Quercia (1374-1438), a introduit les motifs antiques à Sienne et Ferderighi les a diffusé grâce aux chantiers des cathédrales de Sienne et d’Orvieto. 

Cette oeuvre doit sa rareté à sa maîtrise d’exécution mais aussi au nom de l’artiste que l’on associe au bénitier qui lui a servit de modèle. C’est au milieu du XIX eme siècle que le lien entre Federighi et les bénitiers a été fait. Encore aujourd’hui il est difficile de connaitre l’artiste d’une grande oeuvre religieuse de l’époque. A cela, deux raisons : la pièce est souvent une oeuvre collective, et si elle n’est d’une seule main, l’artiste ne la signe pas car considère que Dieu est le seul créateur.

Après l’Antiquité la Haute Epoque, c’est autour de la sculpture de la Renaissance d’être mise en lumière chez Ivoire Troyes. 

Le colosse de cette vente aux enchères de statuaire d’exception, c’est le bénitier d’après Antonio Federighi estimé entre 100 000 et 120 000€. Le fût et la vasque témoignent de la richesse des motifs de la Renaissance. 

Cette période humaniste se tourne vers l’Antiquité, et ici les motifs sculptés ne nous trompe pas : le répertoire est influencé par l’époque greco-romaine. 

Ce bénitier a été réalisé au XVIeme siècle sur le modèle de celui sculpté par Antonio Federighi (1420-1440). Son maître, Jacopo delle Quercia (1374-1438), a introduit les motifs antiques à Sienne et Ferderighi les a diffusé grâce aux chantiers des cathédrales de Sienne et d’Orvieto. 

Cette oeuvre doit sa rareté à sa maîtrise d’exécution mais aussi au nom de l’artiste que l’on associe au bénitier qui lui a servit de modèle. C’est au milieu du XIX eme siècle que le lien entre Federighi et les bénitiers a été fait. Encore aujourd’hui il est difficile de connaitre l’artiste d’une grande oeuvre religieuse de l’époque. A cela, deux raisons : la pièce est souvent une oeuvre collective, et si elle n’est d’une seule main, l’artiste ne la signe pas car considère que Dieu est le seul créateur.

bénitier de la renaissance

Bénitier orné de motifs décoratifs al antico, d’après l’Acquasantiera sinistra du Duomo de Sienne. Estimation : 100 000 / 120 000 €

Vente aux enchères le 10 mars à 14h à l’Hôtel des ventes de Troyes

Vidéo à la une : Bénitier orné de motifs décoratifs al antico, d’après l’Acquasantiera sinistra du Duomo de Sienne. Dimensions : Hauteur totale 154,5 cm – Diamètre de la vasque 96 cm Vasque d’origine, fût restauré et base circulaire d’écoulement d’eau rapportée, au XIXe siècle. Provenance : collections particulières françaises. Estimations : 100.000/120.000€