Les maisons de ventes accordent leur violons pour les enchères de la fin novembre. Les commissaire-priseurs deviennent des maestros dans ces ventes où d’exceptionnels instruments sont proposés. De Paris à Vichy, le marteau marque le tempo.

À Paris, le violoncelle donne le la

Ce n’est ni un tableau du XVIII ème siècle, ni une sculpture antique qui ressort de la vente  « mobilier et objets d’art » de l’étude Coutau-Bégarie & Associés, mais un violoncelle du XIXème siècle. Et pour cause, cet instrument est un véritable objet d’art. 

Daté de 1889, ce violoncelle a été réalisé par le luthier italien Eugenio Degani. La précision de son  travail lui a valu deux médailles d’or en concours, comme le prouve l’étiquette apposée par Degani « Premiata com medaglia da 2 esposizion iitaliane fece in Montagnana-Veneto ».

Lui-même fils de luthier, Eugenio Degani a mené l’artisanat familial à son apogée.

Violoncelle Eugène Degari enchères Coutau Bégarie

© OVV Coutau-Bégarie

Mais c’est aussi la rareté de l’instrument qui lui vaut une estimation comprise entre 80 000 et 100 000€ : depuis quinze ans, seulement deux violoncelles du luthier italien seraient passés sous le feu des enchères.

À Vichy, les archets rythment les enchères

La collection de Bernard Millant, virtuose de l’archeterie

Bernard Millant collection violoncelles archers Vichy enchères

©Guy VIVIEN, livre « L’Archet ».

 

Que serait le violoncelliste sans son archet ? Aussi important que l’instrument en lui-même, cette pièce relève d’un savoir-faire minutieux qui la transforme parfois en véritable oeuvre d’art. 

L’ultime exemple est la collection de Bernard Millant dispersée par la maison de ventes de Vichy le 29 novembre. Cet ensemble compte des pièces de lutherie plus majestueuses les unes que les autres. Le luthier disparu en 2017 est considéré comme l’un des plus grands connaisseurs d’archets au monde. Les pièces d’archeterie qu’il a créé atteignent une qualité sans précédent.

Des archets estimés plus de 150 000 euros aux enchères

Des trésors, voilà ce que l’on trouve dans la collection de l’expert mondialement reconnu qu’était Bernard Millant. Certains archets sont des pièces prestigieuses à l’importance historique.

Le point d’orgue de cette vente musicale, c’est l’archet de François-Xavier Tourte. Connu comme étant « le Stradivarius de l’archet » c’est à lui qu’on doit l’archet moderne… conçu vers 1815 ! D’après une notice de Bernard Millant accompagnant l’objet, il s’agit « d’une pièce rarissime, d’un modèle très pur, non retouché, non repoli, en un mot une pièce unique qui est le bouquet final de toute cette collection ». Tant d’éloges justifient une estimation entre 180 000 et 200 000 €.

collection bernard Millant archets Tourte

Concernant les visuels d’archets, le crédit photographique est © Y. Le Canu

On compte au nombre de sept les archets qui devraient réaliser des prix au-dessus de 100 000€. Très bien documentés, ils sont répertoriés dans les tomes « L’archet », qui fait référence dans le monde de la lutherie et dont Bernard Millant a été co-auteur.

Les instruments de la collection n’ont rien à envier aux archets. Des violoncelles de Jean-Baptiste Vuillaume, grand luthier du XIXème siècle, côtoient des violons italiens du XVIII ème siècle, digne héritage de Stradivarius, qui embrassent l’estimation de 100 000 €. 

Violoncelle Egenio Degani : en vente à Drouot le 29 novembre à 14h chez Coutau-Bégarie & Associés. Exposition le 28 novembre de 11h à 18h.

Collection Bernard Millant : en vente à l’Hôtel des ventes de Vichy (03) le 29 novembre à 15h. Exposition du 25 novembre au 29 novembre au matin.

Violoncelle enchères Vuillaume

© C. Darbelet